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En Afrique de l’Ouest, Servair se tourne vers les armées africaines

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Mis à jour le 04 mai 2021 à 16h33
Membres des forces armées sud-africaines

Membres des forces armées sud-africaines © Siphiwe Sibeko/REUTERS

Devant l’effondrement du transport aérien – et donc des fournitures de repas à bord – la compagnie française très active dans la région (Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina Faso) compte diversifier ses prestations.

Pour Servair, le deuxième trimestre de 2020, marqué par le début de la pandémie, a été « terrible », a confié à The Africa Report/Jeune Afrique son directeur général adjoint pour l’Afrique, Marc Vatel.

Les ventes du spécialiste de la restauration aérienne à bord se sont effondrées de 70 % et la rentabilité a chuté à environ 10 % par rapport aux niveaux d’avant la pandémie. Le nombre d’employés en Afrique est passé de 3 000 à 1 000 personnes et de nombreux contrats de travail à court terme n’ont pas été renouvelés.

Pour autant, l’entreprise présente dans 17 pays africains où elle réalise 15 % de ses ventes et cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Abidjan reste optimiste quant aux perspectives à long terme sur le continent. « L’activité va progressivement se rétablir », assure Marc Vatel qui anticipe un retour à des niveaux d’activité normaux pour 2023 ou 2024.

Jusqu’à 50 % d’activité hors aérien

En attendant, la société française, filiale de Gategroup – qui fait actuellement l’objet d’un processus de restructuration devant les tribunaux britanniques – et dont Air France est également un actionnaire de référence, a prévu de diversifier ses activités pour redresser la barre.

Un virage déjà entrepris en partie : actuellement, les services non aériens (repas ou services de nettoyage fournis à des écoles américaines et françaises, des hôpitaux, des banques, des mines, des compagnies pétrolières…) représentent environ un tiers des ventes africaines, et le directeur général adjoint pour le continent s’attend à ce que ce chiffre atteigne 50 %.

Parmi ses projets, la fourniture de rations alimentaires aux armées du continent présentes sur les terrains de combat. Il s’agit, assure Marc Vatel qui annonce ce service pour la fin de l’année 2021, d’adapter pour le terrain militaire la technologie utilisée pour produire les menus des astronautes de la mission Alpha partie sur la Station spatiale internationale, avec l’accord de l’Agence spatiale européenne.

Traçabilité et approvisionnement local

Le tout avec des exigences élevées de prévision dans l’approvisionnement, de traçabilité et d’hygiène, avec des normes « aussi élevées qu’en France ». « On ne peut pas empoisonner un pilote ou un soldat qui porte des armes… », précise le cadre, qui confie que la recherche de fournisseurs alimentaires locaux est un véritable défi pour l’entreprise (voir encadré ci-dessous). « Nous ne voulons pas importer de produits, explique-t-il. Si les fournisseurs locaux sont capables d’appliquer des procédés industriels à leur production, nous sommes intéressés ».

Les rations pourront être envoyées partout en Afrique, précise le directeur général adjoint de Servair selon lequel la société pourrait se développer y compris dans des pays où elle n’a pas de présence aérienne préalable.

Le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso sont des pays prioritaires où Servair entend développers ses activités non aériennes, notamment les services de nettoyage, précise Marc Vatel.


Du foie gras made in Madagascar

Servair va bientôt introduire du foie gras de Madagascar sur les vols d’Air France. « Il doit simplement répondre aux normes et être traçable », commente Marc Vatel, directeur général adjoint de l’entreprise pour l’Afrique.

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