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Cet article est issu du dossier «Le grand tournant de Tshisekedi»

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Culture

La rumba congolaise au patrimoine culturel immatériel de l’humanité ?

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Mis à jour le 20 juin 2021 à 16h38
DOM pour JA

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Kinshasa et Brazzaville ont demandé, ensemble, l’inscription de la rumba congolaise sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco. La décision sera connue avant la fin de cette année 2021.

La rumba congolaise va-t-elle bientôt être inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité ? Un peu plus d’un an après le dépôt du dossier conjoint de Kinshasa et de Brazzaville auprès de l’Unesco, l’optimisme règne sur les deux rives du fleuve Congo, en attendant la décision finale.

« Le dossier avance bien. Nous aurions dû être fixés en décembre 2020, mais après un retard lié au Covid, nous devrions connaître l’issue de notre démarche d’ici à la fin de 2021 », explique le professeur André Yoka Lye Mudaba, le directeur général de l’Institut national des arts de Kinshasa, qui préside le comité mixte pour la promotion de la rumba congolaise. Celle-ci espère rejoindre sa cousine cubaine, inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco en 2016.

De Franco à Fally Ipupa

Fruit de divers métissages, jouée, chantée et dansée par toutes les générations depuis les années 1940, la rumba congolaise a réussi à se forger sa propre identité par ses figures, ses orchestrations et ses thématiques qui collent aux réalités locales. Sans oublier le lingala, langue nationale des deux Congos, qui en a été le principal vecteur de diffusion.

Elle a produit des icônes de la chanson africaine, telles que Franco, Tabu Ley Rochereau, Papa WembaKoffi Olomidé et Fally IpupaSon influence est perceptible dans l’afrobeat et le kizomba, dans la biguine, le zouk, le compas haïtien et le calypso. Elle irrigue également une flopée de musiques urbaines africaines. 

Joyau d’Afrique centrale

Après les chants polyphoniques des pygmées Aka de Centrafrique en 2008, puis le tambour du Burundi en 2014, la rumba congolaise serait le troisième joyau culturel d’Afrique centrale inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Et les ambassadeurs du « groupe Afrique » auprès de l’Unesco sont d’autant plus mobilisés pour faire aboutir ce projet que, si le dossier a été présenté par Kin et Brazza, ses initiateurs comptent y associer l’Angola, le Cameroun et la Centrafrique, dont les artistes sont venus enrichir la rumba congolaise.

Si elle est reconnue comme patrimoine mondial, celle-ci gagnera en visibilité sur le plan international. Ce qui n’est pas vierge d’arrière-pensées économiques, car cette reconnaissance devrait inciter les États concernés à mettre en œuvre des politiques publiques volontaristes et à investir dans le secteur culturel. C’est aussi l’occasion, pour les deux Congos, d’accorder une place plus importante à la rumba dans le système éducatif et d’assurer, enfin, la protection intellectuelle des œuvres, et leur transcription (la plupart des rumbas jouées actuellement n’existent pas en partition, les musiciens les reproduisent à l’oreille).

Son inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco devrait embarquer la rumba congolaise sur la voie de la professionnalisation et, à terme, donner un statut à ses nombreux adeptes.

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