Santé

OMS-Big Pharma : les ratés du transfert de compétence en Afrique

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Mis à jour le 09 juin 2021 à 16h42
Stephane Bancel, patron de Moderna, en novembre 2017.

Stephane Bancel, patron de Moderna, en novembre 2017. © Adam Glanzman/Bloomberg/Getty

Malgré les nombreux plaidoyers en faveur d’un accès équitable à la vaccination contre le Covid-19, les laboratoires n’ont pas joué le jeu estiment ONG et institutions internationales.

Le groupement d’accès aux technologies contre le Covid-19 (C-TAP), lancé en mai 2020 au sein de l’OMS, a été approuvé par 40 pays, des programmes onusiens et des ONG. Cette plateforme promeut le libre accès aux savoirs scientifiques et technologiques, en appelant au partage des procédures de fabrication et de propriété intellectuelle. Sans succès.

« Les laboratoires n’ont pas joué le jeu de la solidarité, désapprouve la chercheuse Nathalie Ernoult à Médecins sans frontières. C’est pour cela que l’Afrique du Sud et l’Inde ont déposé un recours de levée temporaire de la propriété intellectuelle à l’OMC en octobre 2020, ce qui crée une contrainte politique sur la nécessité de relancer les discussions sur C-TAP. »

Un impact sur les objectifs de production ?

Depuis, l’OMS a lancé le 16 avril dernier une déclinaison consacrée à l’ARN messager, le MRNA transfer hub destiné à accélérer la production de vaccins dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Mais les grands laboratoires ne sont pas plus convaincus.

70% de la fabrication de vaccins repose sur le contrôle de la qualité et de la sécurité

Ainsi, « 70% de la fabrication de vaccins repose sur le contrôle de la qualité et de la sécurité, explique Thomas Cueni, le directeur général de la Fédération internationale de l’industrie du médicament (Ifpma). Aucune entreprise ne veut laisser cela lui échapper sans pouvoir vérifier elle-même que son partenaire est apte. »

Stéphane Bancel, le président directeur général de Moderna, abonde : « Covax reste le meilleur moyen de garantir un accès maximal aux vaccins. Nous n’avons pas les ressources pour détourner nos équipes d’ingénieurs vers plus de transferts de technologie. Cela aurait un impact sur nos objectifs de production et donc sur la propagation du virus. »

Toutefois, Nathalie Ernoult envisage que « des groupes pharmaceutiques en phase de développement plus précoce pourraient entrer dans ce partage en échange de soutiens pour finaliser le développement et dépôt de leur produit ».

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