Économie

Le lithium, une niche stratégique pour la RDC

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Mis à jour le 18 juin 2021 à 14:19

Échantillons de lithium sur le site en développement de Manono, opéré par une filiale de l’australien AVZ Minerals. © AVZMINERALS

Même s’il n’en produit pas encore, le pays pourrait devenir dès 2022 l’un des fournisseurs mondiaux de ce métal classé stratégique par les autorités congolaises en 2018.

C’est dans les provinces du Tanganyika et du Haut-Lomami, dans le sud-est de la RDC, que l’on trouve des « roches de type pegmatite riches en spodumène » : c’est-à-dire un minéral de lithium associé au minerai stannocoltanifère. Pourtant, à l’époque coloniale et jusqu’en 1982, seul l’étain est extrait. Il faut attendre les années 2010 pour que la RDC s’intéresse au lithium et octroie à des sociétés minières les premiers blocs contenant des indices de ce métal, désormais classé parmi les minerais stratégiques.

Le nouveau code minier promulgué par l’État congolais en 2018 identifie en effet quatre « métaux stratégiques » : le cobalt, le coltan, le germanium et le lithium, sur lesquels il instaure notamment une hausse de la redevance, qui passe de 2 % à 10 %.

Dopée par l’augmentation de la demande mondiale en lithium (utilisé, entre autres, pour la fabrication de piles et de batteries rechargeables), la filière mobilise plusieurs compagnies, dont deux – en coentreprise avec la Congolaise d’exploitation minière (Cominière) – sont en phase de développement avancé.

Australiens et Chinois unis en première ligne

Dans le Tanganyika, Dathcom Mining – partenariat entre l’australien AVZ Minerals (75 %) et la Cominière – développe le projet Manono (lithium et étain). Outre la richesse en métal de celui-ci, soit 44,6 millions de tonnes  de réserves prouvées de lithium et 48,5 millions de tonnes (t) de réserves probables, la future mine devrait avoir l’une des plus faibles empreintes carbone au monde, comparé aux projets similaires de lithium, grâce à l’énergie de la centrale hydroélectrique de Mpiana-Mwanga.

Fort de ces atouts, AVZ Minerals – qui compte dans son actionnariat les chinois Huayou Cobalt Company et Yibin Tianyi Lithium – a conclu plusieurs accords d’enlèvement de minerais avec des groupes chinois : fin décembre 2020, avec GFL International (filiale de Ganfeng Lithium) et, en mars dernier, avec Shenzhen Chengxin Lithium et Yibin Tianyi Lithium Industry Co.

Le site de Dathcom Mining pourrait entrer en production début 2023, avec un volume annuel attendu de 700 000 t de concentré de spodumène (SC6, pour la production d’hydroxyde et de carbonate de lithium) et de plus de 45 000 t de sulfates de lithium primaire.

Partenariat de la Cominière avec, cette fois-ci, Mining Mineral Resources (filiale du groupe indien Vinmart) et l’État congolais, la Société d’exploitation des gisements de Malemba-Nkulu (Segmal) opère quant à elle dans le territoire de Kabongo (Haut-Lomami), où elle est titulaire de trois permis d’exploitation.

Enfin, le canadien Tantalex Resources développe un projet sur les terrils de lithium, étain et tantale de Manono-Kitotolo, qu’il a acquis en 2018. Outre l’évaluation des ressources, il prévoit la construction d’une usine en 2022, pour une entrée en production en 2023.

Quant à la junior australienne Force Commodities, détentrice des permis pour les projets Kanuka Lithium et Kitotolo Lithium, elle est pour l’heure peu active sur le terrain.