Justice

Procès de Béatrice Munyenyezi au Rwanda : le génocide, une « affaire de famille »

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Mis à jour le 29 avril 2021 à 17h51
Beatrice Munyenyezi arrive au tribunal le 28 avril 2021

Beatrice Munyenyezi arrive au tribunal le 28 avril 2021 © Jean Bizimana/REUTERS

Jugée au Rwanda après avoir été expulsée des États-Unis, Béatrice Munyenyzezi devra s’expliquer sur son rôle dans les massacres commis en 1994. Elle est la belle-fille et l’épouse de deux génocidaires de renom.

Ce 16 avril 2021, Béatrice Munyenyezi, 51 ans, est enfin de retour au Rwanda. Les cheveux grisonnants, le visage à moitié dissimulé par un masque chirurgical, la quinquagénaire est attendue sur le tarmac de l’aéroport de Kigali par les agents du Rwanda Investigation Bureau (RIB). Celle qui avait quitté le pays pour les États-Unis en juillet 1994 y revient menottée, 27 ans plus tard. Elle est accusée d’avoir activement participé au génocide perpétré contre les Tutsi.

Si la quinquagénaire est longtemps demeurée sous les radars de la justice rwandaise, et a essayé de jouer des stéréotypes liés à sa féminité pour se laver de tout soupçon, les crimes qui lui sont reprochés sont bien documentés. Car Béatrice Munyenyezi appartient à une famille tristement célèbre.

Un mari et une belle-mère impitoyables

Sa belle-mère n’est autre que Pauline Nyiramasuhuko, la ministre de la Famille et de la Promotion féminine du « gouvernement intérimaire » qui a orchestré le génocide – et la seule femme jamais condamnée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Membre du MRND, le parti présidentiel, fer de lance de l’extermination des Tutsi, elle est connue pour être impitoyable. Présente sur tous les fronts, elle organise l’extermination en tant que membre du gouvernement et œuvre sur le terrain, parcourant Butare avec un mégaphone pour inciter la population à éliminer les Tutsi.

Quant au mari de Béatrice Munyenyezi, il est responsable de plusieurs massacres de grande ampleur. Étudiant médiocre rencontré au lycée Gitwe de Gitarama, Arsène Shalom Ntahobali est devenu un chef de milice zélé, violant systématiquement les femmes tutsi et se vantant d’avoir l’aval de sa mère.

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