Politique

Tchad : Mahamat Idriss Déby promet un dialogue après une matinée de tensions à N’Djamena

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 27 avril 2021 à 20h32
Des membres des forces de sécurité tchadiennes, lors d’affrontements avec des manifestants, mardi 27 avril 2021 à N’Djamena.

Des membres des forces de sécurité tchadiennes, lors d'affrontements avec des manifestants, mardi 27 avril 2021 à N'Djamena. © REUTERS/Zohra Bensemra

Une semaine après la mort du président Idriss Déby Itno, au moins deux personnes ont été tuées mardi à N’Djamena et dans le sud du pays dans des manifestations contre la prise de pouvoir du CMT, dirigé par Mahamat Idriss Déby, le fils de l’ancien chef de l’État tchadien.

Le général Mahamat Idriss Déby, nouvel homme fort du régime, a promis dans un discours télévisé diffusé à la mi-journée d’organiser « un dialogue national inclusif » durant une période de transition de 18 mois. « Le Tchad continuera à tenir son rang et à assumer ses responsabilités dans la lutte contre le terrorisme et respectera tous ses engagements internationaux », a également déclaré le nouveau président du Tchad, qui dirige le Conseil Militaire de Transition (CMT). Le fils du défunt président n’a, dans sa prise de parole, pas évoqué une seule fois les manifestations qui ont fait au moins deux morts dans le pays, ce mardi.

Au moins deux morts

L’opposition et la société civile, qui dénoncent un « coup d’État institutionnel » et une « succession dynastique », avaient appelé à des manifestations, interdites par le CMT. Les rassemblements sporadiques – qui ont réuni plusieurs dizaines de personnes à N’Djamena, notamment – ont rapidement tourné à l’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre, qui ont usé de gaz lacrymogènes.

« Les manifestants ont attaqué un bus dans le quartier de Dembé, certains passagers ont fui mais une dame est restée et a été tuée par les manifestants », a assuré Youssouf Tom, le procureur de la République de N’Djamena à l’AFP.

Ali Kolla Brahim, le procureur de la République de Moundou, la deuxième ville du Tchad, située à quelque 400 km au sud de N’Djamena, a quant à lui annoncé « un mort, décédé ce [mardi] matin dans les manifestations ». Et de préciser : « Nous n’avons pas encore les circonstances exactes du décès, c’est un jeune de 21 ans ».

La Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH) assure pour sa part que neuf personnes ont été tuées : sept à N’Djamena, où le calme était revenu en fin de matinée, et deux autres à Moundou. « Les militaires ont annoncé la couleur : gouverner dans le sang. Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur des jeunes pour réprimer une marche pacifique », a tweeté Saleh Kebzabo, l’opposant historique à Idriss Déby Itno.

Dès l’annonce par l’armée de la mort d’Idriss Déby au combat contre des rebelles dans le nord, son fils Mahamat a abrogé la Constitution et dissous le gouvernement et l’Assemblée nationale. Et promis des « élections libres et démocratiques » dans 18 mois.

Macron met la pression

Sur le perron de l’Élysée à Paris, Emmanuel Macron, qui était présent lors des obsèques d’Idriss Déby Itno aux côtés de Mahamat Idriss Déby, le 23 avril, a assuré mardi qu’il n’était « pas pour un plan de succession » à la tête du Tchad.

À ses côtés, Félix Tshisekedi, le président de la RDC et président en exercice de l’Union africaine, arrivé lundi à Paris pour une visite de deux jours, a également demandé au CMT de « très vite revenir à l’ordre démocratique ».

Avec AFP

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