Société

[Chronique] Côte d’Ivoire : permis de conduire sans inspecteurs ?

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Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

En Côte d’Ivoire, depuis le 26 avril, ce sont les gendarmes qui font passer le permis de conduire.

En Côte d'Ivoire, depuis le 26 avril, ce sont les gendarmes qui font passer le permis de conduire. © Damien Glez

Le gouvernement de la Côte d’Ivoire suspend tous les examinateurs du permis de conduire pour « au moins trois mois ».

Y aurait-il une militarisation de la Côte d’Ivoire ? Une intrusion des hommes de tenue dans des activités traditionnellement purement civiles ? Depuis ce lundi 26 avril, ce sont des gendarmes qui font passer les examens aux candidats désireux d’obtenir le permis de conduire. Les inspecteurs habituellement chargés de cette mission ont tous été suspendus par le ministère des Transports…

Assainir le processus

Les Ivoiriens en âge de conduire sur les routes d’Éburnie devront-ils définitivement avoir affaire à un réserviste, un brigadier ou à un maréchal des logis ? Prévue pour « au moins trois mois », la suspension est liée à une opération d’assainissement du processus d’obtention du permis. Comme dans d’autres pays du continent, les autorités s’inquiètent de dysfonctionnements récurrents dont les ressorts sont la fraude et la corruption. Si le couperet ivoirien de ce lundi semble lapidaire, c’est que les statistiques des accidents de la route prêtent à l’inquiétude…

Le 25 mars dernier, une collision entre un car et un camion provoquait 21 morts et 33 blessés sur le tronçon Bouaflé-Yamoussoukro. Le 1er avril, sur l’axe Ferkessédougou-Ouangolodougou, un accident entre un bus et un véhicule de transport de coton graine entraînait 20 morts et une soixantaine de blessés. Le 5 avril, le bilan de deux accidents faisait état de 14 tuées et 27 blessés. Le 22 du même mois, un carambolage dans la commune abidjanaise d’Abobo causait dix décès.

Pour ne pas être accusé d’instrumentalisation politicienne de drames ponctuels, le ministère des Transports évoque une moyenne de 12 000 accidents par an pour 1 400 morts.

Réduire la mortalité

Bien sûr, les tragédies du bitume ont des causes multiples en Côte d’Ivoire, comme l’excès de vitesse, le nom respect du code de la route, les mauvais stationnements, la fatigue, la consommation d’alcool ou bien encore les défaillances mécaniques. Au sujet de ces dernières, le gouvernement entend les réduire en réformant également le contrôle technique des véhicules. Mais des faits de corruption et de fraude dans l’obtention du permis de conduire apparaissent au fil des enquêtes. L’État promet d’être intraitable avec les fonctionnaires qui seraient impliqués dans des dérives liées aux examens théoriques et pratiques.

Le ministre des Transports revendique une amélioration du réseau routier – les nids-de-poule sont aussi sources d’accident – et souhaite réduire de moitié le nombre de tués sur les routes d’ici à la fin du mandat présidentiel, en 2025.

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