Transport aérien

Côte d’Ivoire : comment Qatar Airways compte concurrencer Emirates

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 28 avril 2021 à 10h48
Akbar Al Baker, PDG de Qatar Airways, en juin 2019, à l’aéroport du Bourget, près de Paris

Akbar Al Baker, PDG de Qatar Airways, en juin 2019, à l'aéroport du Bourget, près de Paris © Chief Executive Officer of Qatar Airways Akbar Al Baker speaks with the press at the International Paris Air Show on June 19, 2019 at Le Bourget Airport, near Paris. - Qatar Airways announced a commitment for five additional 777 freighters from Boeing. (Photo by ERIC PIERMONT / AFP) © ERIC PIERMONT/AFP

L’ouverture de la desserte d’Abidjan n’est qu’une première étape de l’offensive de Doha dans le secteur aérien ivoirien.

La compagnie aérienne Qatar Airways poursuit son expansion sur le continent malgré la pandémie de Covid-19. La Côte d’Ivoire sera la quatrième destination africaine ouverte au cours des douze derniers mois après Accra, Abuja et Luanda. Selon nos informations, la desserte Doha-Abidjan-Doha sera assurée à partir du 16 juin par le 787 Dreamliner du constructeur américain Boeing, avec une fréquence hebdomadaire de trois vols via Accra.

Discussions entre Doha et Ouattara

Selon Akbar Al Baker, PDG du transporteur qatari, cette ouverture ivoirienne vise surtout à renforcer l’offre de la compagnie en direction de l’Asie-Pacifique et de la Chine, où se rendent chaque année des millions d’entrepreneurs ouest-africains.

Qatar Airways entre frontalement en concurrence avec Emirates et son vol journalier entre Dubai et Abidjan via Accra. Les horaires des vols des deux compagnies sont resserrés : Qatar Airways décollera d’Abidjan à 17h20 GMT et Emirates gardera son créneau de 15 h. Les Qataris transporteront, tout comme les Émiratis, une majorité de voyageurs à destination de la Chine.

Un Boeing 787 « Dreamliner » de Qatar Airways.787

Un Boeing 787 « Dreamliner » de Qatar Airways.787 © Riik@mctr/Flickr/Licence CC

Les autorités ivoiriennes préparent l’arrivée de Qatar Airways sur leur territoire depuis plusieurs années. Dans sa quête de diversification des partenaires économiques du pays, le président ivoirien Alassane Ouattara avait en effet ouvert des discussions avec Doha. Le ministre des Transports, Amadou Koné, l’ex-ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine Ally Coulibaly, et le général Abdoulaye Coulibaly, président d’Air Côte d’Ivoire, ont minutieusement travaillé sur le dossier.

Vers un partenariat capitalistique ?

La couverture d’Abidjan par Qatar Airways n’est d’ailleurs qu’une étape. Selon nos sources, des négociations exclusives ont démarré en vue d’un rapprochement avec la compagnie publique Air Côte d’Ivoire.

Dans une première phase, un partage de code devrait se mettre en place, pour faire du hub de l’aéroport international d’Abidjan une grande zone de correspondance vers Doha. Air Côte d’Ivoire dessert actuellement 19 pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, dont certains n’ont pas de liaisons directes avec l’Asie.

À terme, ce rapprochement pourrait se renforcer à travers un partenariat capitalistique. À la recherche d’acteurs stratégiques pour se relancer, le transporteur ivoirien planche en effet sur l’ouverture de son capital. L’option envisagée est la cession d’une portion des parts de l’État ivoirien dans la compagnie.

Pour le moment, aucune opération visant Aéria (filiale commune du Français Egis Airport et de l’État ivoirien), la société gestionnaire de l’aéroport d’Abidjan, n’est envisagée par les Qataris.

Rapprochements avec Rwandair et la RAM

Depuis qu’elle a lancé son offensive sur le continent africain en 2019, Qatar Airways s’est déjà rapprochée de Rwandair, avec une prise de 49% du capital de la compagnie et une entrée à hauteur de 60 % dans l’actionnariat du nouvel aéroport de Kigali, dont la construction mobilise un investissement de 1,3 milliard de dollars.

Toujours selon nos sources, le transporteur qatari a également pris contact, en 2020, avec Tunisair et la Royal Air Maroc (RAM). Il souhaitait acquérir au moins 25 % du capital du pavillon marocain, avec pour contreparties le renforcement de sa flotte – à hauteur de 60 nouveaux appareils – et l’extension du réseau de ses dessertes.

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