Politique

RDC : John Numbi officiellement poursuivi pour l’assassinat de Floribert Chebeya

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Mis à jour le 21 avril 2021 à 18:11

John Numbi au tribunal, à Kinshasa, en janvier 2011. © JUNIOR KANNAH/AFP

Toujours en fuite, le général, très proche de Joseph Kabila, est officiellement poursuivi pour l’assassinat du militant des droits de l’homme et de son chauffeur.

Selon nos informations, le puissant général congolais est désormais officiellement poursuivi par la justice militaire pour « association de malfaiteurs » et « assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana ».

Selon un document daté du 14 avril et signé par l’auditeur général près la Haute Cour militaire, Likulia Bakumi Lucien René, tous les services de sécurité sont tenus, « en cas de découverte » de John Numbi, de « l’appréhender et l’acheminer sous bonne escorte à [leur] office à l’auditorat général près la Haute Cour militaire ».

« Recel de malfaiteurs »

Il leur est également demandé de poursuivre pour « recel de malfaiteurs » « toute personne qui a procuré logement, hébergement ou retraite à la personne recherchée », précise le même document.

Le général John Numbi Tambo Banza est introuvable depuis la fin du mois de mars. Au mois de juillet 2020, ce haut gradé proche de Joseph Kabila s’était retiré dans sa ferme située en périphérie de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise (PNC), fonctions dont il a été démis en 2010 après l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana, qu’il est soupçonné d’avoir commandité, et ex-inspecteur général des Forces armées de RDC (FARDC), il a discrètement quitté le pays il y a plusieurs semaines.

Selon des sources sécuritaires congolaises, il aurait été aperçu à la frontière zambienne avant d’être signalé au Zimbabwe. Sa ferme lushoise avait à l’époque fait l’objet d’une perquisition.

Resté sans poste à l’issue du remaniement effectué dans l’armée le 17 juillet dernier, John Numbi, sous sanctions internationales depuis 2016, est depuis plusieurs années dans le collimateur des partenaires occidentaux de la RDC, particulièrement les États-Unis, qui réclament sa mise à l’écart.