Politique

[Chronique] RDC : politicaillerie sans fin ?

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Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Glez

© Glez

Le carnaval politicien, c’est toute l’année en RDC. À peine constituée, la surprenante « Union sacrée » de Félix Tshisekedi aurait-elle déjà du plomb dans l’aile ?

Valse des cravates, cha-cha-cha des vestes retournées, et tango des retours d’ascenseur. Jeux de dupes politiciens sous jeux de masques électoraux, et trompe-l’œil d’alternance de 2019, grâce à un pacte faustien qui se révèle cheval de Troie dans une majorité dynamitée. Courants politiques à l’intérieur de partis, eux-mêmes encastrés dans des majorités de bric et de broc. L’actualité politique congolaise de ces trois dernières années n’a rien à envier aux 90 épisodes de la populaire telenovela américano-colombienne « Catalina »…

Il aura fallu de nombreux mois au président Félix Tshisekedi pour parvenir à s’émanciper, aguichant patiemment des kabilistes qui auront rendu possible la destitution de l’ancien bureau de l’Assemblée nationale, lequel était dirigé par Jeanine Mabunda, et la déchéance du Premier ministre de l’époque. Mais il n’aura fallu que quelques jours pour que des membres débauchés de la famille politique de l’ancien raïs ne se plaignent de la répartition des postes dans la RDC de « l’Union sacrée ». Le gouvernement – pourtant pléthorique – de Sama Lukonde Kyenge n’est pas encore investi, que des déçus réunis au sein du « Collectif des révolutionnaires de l’Union sacrée » le jugent déjà non représentatif.

Ambitions et frustrations

Commission spéciale, task force dirigée par Jean-Marc Kabund, entretien avec le nouveau président de l’Assemblée nationale et mémorandum adressé au chef de l’État… Les frondeurs attendent réparation, sans doute sous la forme de nominations extra-gouvernementales.

Derrière les discours d’engagement désintéressé, ambitions et frustrations seraient-elles les ultimes mamelles de la politique made in RDC ? Dans ce feu d’artifice permanent digne de Machiavel, l’électeur a sans doute du mal à reconnaître les siens. Bien sûr, les stratégies politiciennes ont droit de cité en démocratie. Mais que peut penser le citoyen, quand une nation se caractérise par une accumulation de richesses plus que putatives et de fléaux plus qu’effectifs ?

Deux ans après le début du mandat du président Tshisekedi, et deux ans avant l’agitation qui ne manquera pas d’accompagner la prochaine élection présidentielle, certaines localités du pays n’ont même pas le loisir d’attendre que le quinquennat commence « pour de vrai ». Depuis le 28 mars, 21 000 Congolais auraient été déplacés de la localité de Bakwakenge au Kasaï, à la suite d’affrontements au cours desquels au moins 13 personnes ont été tuées et 190 maisons réduites en cendres. Dans le Nord-Kivu, ce 11 avril, des affrontements dégénéraient, provoquant la mort d’au moins sept personnes. Pendant ce temps, dans la capitale du « scandale géologique » congolais, 175e dans le classement mondial sur l’Indice de développement humain (IDH), on partage maroquins et jetons de présence…

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