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Idriss Déby Itno, au palais présidentiel de N’Djamena.

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Décès d’Idriss Déby Itno : le Tchad sous le choc

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Tchad : qui est Mahamat Idriss Déby, fils d’Idriss Déby et patron de la transition ?

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Mis à jour le 22 avril 2021 à 10:53

Le général Mahamat Idriss Deby, fils du défunt président tchadien. © Patrick Robert

Dès l’annonce du décès du président Idriss Déby Itno ce mardi 20 avril, l’armée tchadienne a annoncé la création d’un conseil de transition, qui dirigera le pays pendant 18 mois. À sa tête, Mahamat Idriss Déby, le fils du chef de l’État défunt.

« Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré en fin de matinée ce mardi 20 avril le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna. Ce dernier a ensuite annoncé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition.

Celle-ci sera dirigée pour une durée de 18 mois, selon la charte adoptée dans la matinée, par un conseil militaire dont Mahamat Idriss Déby a pris la tête. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Les yeux et les oreilles d’Idriss Déby Itno

Élevé par la mère du chef de l’État défunt, Mahamat Idriss Déby, 36 ans, avait hérité du surnom de « Kaka » (« grand-mère » en arabe tchadien). Formé au Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad vers le milieu des années 2000, il s’est ensuite inscrit au lycée militaire d’Aix-en-Provence, en France, mais n’y a passé qu’un trimestre avant de rentrer au pays.

Nommé par son père au sein de la DGSSIE, il y a fait toute sa carrière. Jeune officier en 2009, il a notamment participé à la victoire d’Am-Dam contre les rebelles de Timan Erdimi, son cousin – lequel est toujours en rébellion depuis son exil à Doha. Promu, « Kaka » a ensuite commandé les divisions blindées du corps d’élite de l’armée à partir de 2010 puis la toute-puissante garde présidentielle à partir de 2012.

Il a toujours préféré fonctionner dans l’ombre, jouer les émissaires secrets pour le président »

D’année en année, cet officier réputé discret est surtout devenu les yeux et les oreilles de son père au sein de l’armée et du clan zaghawa, au Tchad comme sur des terrains étrangers. Nommé en 2013 commandant en second des forces armées tchadiennes au Mali, sous la direction officielle du général Oumar Bikomo, il a pris peu à peu de l’envergure ces dernières années, au contact, notamment, des alliés français de son paternel.

Un homme de l’ombre

Mahamat Idriss Déby, qui refuse l’étiquette de « fils à papa », accompagnait d’ailleurs le chef de l’État sur les théâtres d’opération, comme dans le Tibesti (il avait été chargé, sans grand succès, de dialoguer avec les frondeurs de Miski) ou, plus récemment, dans la zone du lac Tchad. « Le président l’avait mis au contact des grands notables tchadiens, autant que des hauts-gradés alliés. C’était sa façon de le former au pouvoir », explique un proche de la famille.

Relais de confiance d’Idriss Déby Itno dans le domaine de la sécurité et dans les affaires militaires, il avait ces derniers temps laissé un de ses demi-frères, Abdelkerim Idriss Déby, directeur de cabinet adjoint du président défunt, occuper le devant de la scène tchadienne. « Il a toujours préféré fonctionner dans l’ombre, jouer les émissaires secrets pour le président. Ce n’est pas quelqu’un qui aime se mettre en avant », confie notre source.

Dès le décès de son père confirmé, vers 1h du matin ce 20 avril, c’est autour de lui que se sont réunis les hauts-gradés de l’armée afin de décider des grandes lignes de la transition à venir. À la tête du conseil national de transition, Mahamat Idriss Déby s’est engagé à travailler à la mise en place de « nouvelles institutions » et à l’organisation d’élections « libres, démocratiques et transparentes ».