Dossier

Cet article est issu du dossier «Décès d’Idriss Déby Itno : le Tchad sous le choc»

Voir tout le sommaire
Politique

Tchad : le jour où Idriss Déby a été tué au combat

| Par
Mis à jour le 23 avril 2021 à 14h27
Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État a succombé à des blessures reçues au combat dans la région du Kanem.

Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État a succombé à des blessures reçues au combat dans la région du Kanem. © DR

La télévision nationale tchadienne a annoncé, ce mardi 20 avril, le décès du chef de l’État tchadien, qui venait d’être déclaré vainqueur de l’élection présidentielle organisée le 11 avril. Idriss Déby Itno a succombé à des blessures reçues au combat ces derniers jours.

Selon la télévision nationale tchadienne, Idriss Déby Itno a succombé à des blessures reçues au combat le 19 avril dans la région du Kanem face aux rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Le même jour, il avait été annoncé vainqueur de la présidentielle tchadienne avec 79,32 % des voix et aurait donc dû entamer son sixième mandat.

« Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de Télé Tchad ce 20 avril en fin de matinée.

Il a été blessé au cours des accrochages et a succombé quelques heures plus tard

« Le maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, comme il le fait chaque fois que les institutions républicaines sont gravement menacées, a pris la tête des opérations lors du combat héroïque mené contre les hordes terroristes venues de la Libye. Il a été blessé au cours des accrochages et a rendu l’âme une fois rapatrié à N’Djamena », a précisé l’armée.

Selon nos informations, Idriss Déby Itno était monté au front dans le Kanem afin de pousser ses hommes au combat. Les affrontements avec les rebelles du FACT ont été très violents, occasionnant de nombreuses pertes dans les deux camps. Touché dans une manœuvre, Idriss Déby Itno a succombé quelques heures plus tard.

Une transition de dix-huit mois

Aussitôt le décès du président connu de ses proches, les hauts gradés de l’armée se sont réunis autour du général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt, afin de se mettre d’accord sur les grands axes d’une charte de la transition et les modalités de cette dernière. Ils ont alors décidé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition de dix-huit mois, dont l’annonce a été faite dans la matinée du 20 avril.

Un deuil national de quatorze jours a également été décrété sur toute l’étendue du territoire et des obsèques nationales seront organisées. Un couvre-feu allant de 18 heures à 5 heures du matin est aussi instauré dans tout le pays et les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Selon des sources à N’Djamena, la capitale est pour le moment calme, même si des mouvements de population ont été observés du Tchad vers le Cameroun en milieu de journée.

« Un conseil militaire de transition [CMT] est mis en place pour assurer la défense de notre cher pays dans cette situation de guerre contre le terrorisme et les forces du mal afin d’assurer la continuité de l’État », a déclaré l’armée. Le CMT, précise-t-elle encore, assurera le pouvoir durant dix-huit mois, à l’issue desquels de nouvelles institutions seront établies par l’organisation d’élections « libres, démocratiques et transparentes ».

La transition sera dirigée par Mahamat Idriss Déby. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3100_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte