Diplomatie

[Série] Barrage de la Renaissance : plongée au cœur du casus belli entre l’Égypte et l’Éthiopie (2/4)

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Mis à jour le 30 avril 2021 à 14h57
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« Le barrage de la discorde » (2/4). Il est au centre du bras de fer qui se joue entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan. 10 millions de tonnes de béton, 175 mètres de haut, un réservoir de 79 km3… Découvrez le grand Barrage Éthiopien en infographies.

Comme son nom l’indique, le Grand Ethiopian Renaissance Dam (Gerd – « grand barrage de la Renaissance ») va projeter l’Éthiopie dans une nouvelle ère. Et au-delà de ce pays, l’ensemble de la corne de l’Afrique. Avec une capacité de production hydroélectrique de 6 450 MW, soit trois fois celle du barrage d’Assouan, le Gerd n’aura d’équivalent sur le continent qu’Inga III, une fois ce projet réalisé sur le fleuve Congo. Grâce à cet ouvrage, l’Éthiopie assurera son indépendance énergétique, tout en exportant pour près de 800 millions de dollars d’électricité chaque année chez ses voisins soudanais, kényans et djiboutiens.

10 millions de tonnes de béton pour réaliser un mur haut de 175 m, courant sur près de 2 km

Pour dompter les eaux du Nil Bleu, qui contribue à lui seul à près des deux tiers du débit du fleuve, les Éthiopiens ont investi officiellement près de 6 milliards de dollars, soit près de la moitié du budget annuel de l’État. Aujourd’hui complétée à près de 80 %, sa construction aura nécessité de couler 10 millions de tonnes de béton pour réaliser un mur haut de 175 m, courant sur près de 2 km. Son réservoir disposera d’une capacité de 79 km3 (soit presque le débit annuel du Nil dans son ensemble, évalué à 85 km3), sur une surface supérieure à 1 500 km2.

Pour démarrer au plus vite sa production d’énergie, l’Éthiopie veut le remplir en sept ans, quand l’Égypte demande d’y parvenir en douze à vingt ans. Selon certains experts, le Gerd pourrait diminuer de 25 % le débit annuel du fleuve et empêcher les limons fertilisant de rejoindre le delta. Depuis 1959, un traité de répartition des eaux accorde 55,5 milliards de m3 à l’Égypte et 18,5 milliards de m3 au Soudan, soit près de 90 % du débit annuel du fleuve. Les eaux qui descendent des hauts plateaux éthiopiens représentent 85 % de l’eau douce consommée par l’Égypte.

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