Économie

Cameroun : deux banques sauvées de justesse

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Par - à Yaoundé
Mis à jour le 19 avril 2021 à 18:42

Une agence de Union bank of Cameroon. © www.unionbankcameroon.com

Deux établissements financiers en difficulté, UBC et NFC Bank, très présents dans la zone anglophone du pays, vont recevoir l’appui de Yaoundé. Explications.

Petits poucets du système bancaire local, Union Bank of Cameroon (UBC) et National Financial Credit Bank (NFC Bank) bénéficient d’un fort ancrage dans la partie anglophone du pays.

Premier réseau de microfinance du pays,  Cameroon Cooperative Credit Union League (Camccul), essentiellement implantée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, avait fondé UBC en 2000 et dispose de 37 % des parts. Le reliquat est détenu en grande partie par le groupe panafricain Ecobank (54 %), depuis l’absorption au début des années 2010 du nigérian Oceanic Bank, alors premier actionnaire de UBC.

Il est à noter que plus des trois quarts des dépôts de UBC sont mobilisés grâce au réseau de microfinance de Camccul.

À la mi-février 2021, le gouvernement camerounais à accepté de prendre en charge la restructuration de l’établissement bancaire, dont Ecobank souhaitait depuis plusieurs années se débarrasser.

Ne pas les secourir aurait été mal interprété par les Anglophones.

Par ailleurs, UBC, dont le siège social est enregistré à Bamenda (Nord-Ouest), avec les services opérationnels à Douala, compte également d’importantes agences à Kumba et Limbé (Sud-Ouest), ainsi qu’à Kumbo (N-O).

Casquette de sénateur

Sous administration provisoire depuis quelques années, NFC Bank est, pour sa part, une création de Zacharia Awanga Anyangwo. Cet entrepreneur ayant évolué dans le transport, l’hôtellerie et l’assurance, qui coiffe actuellement la casquette de sénateur RDPC (au pouvoir) dans le Nord-Ouest, demeure son actionnaire de référence grâce à ses 54,3 % de parts. Le sauvetage des deux établissements était donc devenu un enjeu politique pour Paul Biya.

« Au regard de la crise séparatiste qui affecte cette partie du Cameroun, ne pas les secourir aurait été mal interprété par les Anglophones. Cela aurait donné du grain à moudre aux irrédentistes sur la marginalisation des ressortissants de cette zone par Yaoundé », pointe un observateur.