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RDC – Chez Glencore, un nouveau patron trop gourmand ?

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Actuellement à la tête de l’activité charbon de Glencore,Gary Nagle prendra les rênes du groupe fin juin.

Actuellement à la tête de l'activité charbon de Glencore,Gary Nagle prendra les rênes du groupe fin juin. © DR

La rémunération prévue pour Gary Nagle, le futur remplaçant d’Ivan Glasenberg à la tête du géant des mines et du négoce, est-elle exagérée ? À quelques jours de l’assemblée générale qui doit en décider, la question fait polémique auprès des actionnaires. Décryptage.

Jusqu’à 10,4 millions de dollars par an : c’est la rémunération que prévoit Glencore pour son futur patron, le Sud-Africain Gary Nagle, qui doit remplacer son compatriote Ivan Glasenberg à compter de la fin juin à la tête du géant suisse des mines et du négoce, actif notamment dans les secteurs du cuivre et du cobalt en RDC.

Le montant, qui se décompose en un salaire de base de 1,8 million de dollars, une prime de rendement à court terme de 250 % et une prime de rendement à long terme de 225 %, a fait bondir l’influente société de conseil en procurations Glass Lewis, qui recommande aux actionnaires de « s’opposer » à une telle politique de rémunération lors de la prochaine assemblée générale, qui aura lieu le 29 avril.

La société américaine considère en effet que la rémunération est « excessive pour un PDG nouvellement nommé qui n’a aucune expérience préalable de la gestion d’une société cotée en bourse ».

Glasenberg : une « faible » rémunération largement compensée

Une analyse que partage Institutional Shareholder Services, autre société de conseil en procuration, tandis que l’Investment Association, un organisme professionnel dont les membres supervisent 8,5 milliards de livres sterling d’actifs, aurait émis un avertissement rouge – le plus haut niveau d’avertissement donné par son service de vote – sur la politique de rémunération de Glencore, signale le Financial Times.

Il faut dire que le montant prévu est bien loin de celui d’Ivan Glasenberg : le dirigeant du groupe depuis 2002 avait renoncé à toute augmentation de salaire et à toute prime et incitation au-delà de son salaire annuel de 1,5 million de dollars. Un « sacrifice » largement compensé par son intéressement en qualité d’actionnaire.

Avec 9,10 % du capital de Glencore, Ivan Glasenberg était – et reste – le deuxième actionnaire du groupe dont il compte rester administrateur, juste derrière le numéro un, Qatar Holding LLC (9,17 %), mais bien loin devant le troisième investisseur, Harris Associates LP (4,98 %).

Troisième motif de fronde après la transparence et l’environnement

Glencore, qui rappelle que 40 % des primes du futur DG seront retenues au cours de ses deux premières années d’activité, estime dans son dernier rapport annuel que les prétentions de ce dernier sont « raisonnables et alignées sur les intérêts des actionnaires », et met en avant des rémunérations pouvant aller jusqu’à 11 à 18 millions de dollars chez certains de ses homologues.

Mark Cutifani, le DG d’AngloGold, perçoit ainsi plus d’une dizaine millions de dollars par an, tandis que d’autres grands patrons du secteur ont vu leur rémunération s’effondrer en 2020 du fait de la part variable liée aux résultats de leur entreprise, souvent plombés par le Covid. Ainsi, Bernard Looney, le patron de BP, a perçu 2,4 millions de dollars (contre un maximum de 15,24 millions de dollars prévu par le plan de rémunération), tandis que les revenus du DG de Royal Dutch Shell, Ben van Beurden, ont chuté de 42 % pour atteindre 7 millions de dollars en 2020, selon Reuters.

Après des résultats déjà décevants en 2019 (404 millions de dollars de pertes, contre 3,4 milliards de dollars de bénéfices en 2018), Glencore a lui aussi accusé un sévère recul en 2020, avec 1,9 milliard de dollars de pertes, mais a stabilisé son Ebitda à 11,56 milliards de dollars (contre 11,601 en 2019 et 15,567 milliards en 2018).

S’ils suivent les recommandations des différents conseillers en procuration le 29 avril, les actionnaires de Glencore feront la rémunération du DG leur troisième axe de fronde, après la transparence et les questions environnementales. Ils doivent d’ailleurs également se prononcer sur le projet de la société de viser la neutralité carbone en 2050 –  un point sur lequel Glass Lewis leur recommande de s’abstenir, considérant que l’enjeu climatique relève de la responsabilité du conseil d’administration, chargé de surveiller la stratégie de l’entreprise.

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