BTP & Infrastructures

Guinée – Aéroport de Gbessia : pourquoi ça tarde

Réservé aux abonnés | | Par - à Conakry
L’aéroport international de Conakry-Gbessia, désormais géré par la Sogeag.

L'aéroport international de Conakry-Gbessia, désormais géré par la Sogeag. © Youri Lenquette pour JA

Portés par une coentreprise entre l’État guinéen, ADP et Africa50, les travaux de modernisation de l’aéroport international de la capitale guinéenne, officiellement lancés en octobre 2020, n’ont toujours pas démarré.

Inauguré en octobre 2020 en présence du chef de l’État, le chantier de modernisation et d’extension de l’aéroport international de Conakry-Gbessia, prévu pour durer deux ans et demi, n’a pas encore commencé.

Raison invoquée : la pandémie de coronavirus qui « a particulièrement affecté le transport aérien », déplore un responsable de la Société de gestion de l’aéroport de Gbessia (Sogeag) joint mi-avril alors qu’il participait depuis Abidjan à une réunion du conseil d’administration regroupant les différents actionnaires, à savoir l’État guinéen (34 %) et le consortium formé par le fonds Africa50 (créé par la Banque africaine de développement) et Aéroports de Paris (Groupe ADP), qui se partagent à égalité les 66 % restant, à travers une concession de vingt-cinq ans.

Pourtant, dès l’année dernière, les 120 millions d’euros d’investissements nécessaires avaient déjà été mobilisés par les deux partenaires et les travaux confiés au chinois Weihai International Economic & Technical Cooperative (WIETC), qui a remporté l’appel d’offres face au turc Summa – après la disqualification du français Sogea-Satom, dont le dossier était incomplet.

La volonté du gouvernement de voir le projet avancer rapidement avait d’ailleurs été la cause de la restructuration du capital de la Société de gestion de l’aéroport de Conakry (Sogeac), devenue Sogeag. Ce qui a eu pour conséquence d’abandonner en route l’un des actionnaires, l’Agence française de développement (AFD), qui avait « des délais extrêmement importants pour prendre des décisions de participation ou de réévaluation de [ses] apports dans une société », avait estimé l’ancien ministre des Transports, Aboubacar Sylla.

Plannings chamboulés

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, n’y a plus assez d’avions. La RAM, entre autres, n’a toujours pas repris ses liaisons avec Conakry. Or ce sont les compagnies et les passagers qui font rentrer de l’argent dans un aéroport. De quoi chambouler les plannings financiers et le calendrier des remboursements.

Rappelons que, et c’est le résultat d’un compromis entre autorités guinéennes, compagnies aériennes et agences de voyages, le montant de l’investissement mobilisé auprès de banques locales et sous-régionales sera remboursé par l’institution grâce à une redevance aéroportuaire de 2 à 3 dollars par passager sur le tarif actuel.

« L’entreprise WIETC a déjà construit sa base et, le 22 avril, elle a commencé les travaux de construction de la clôture », ajoute notre interlocuteur de la Sogeag, afin de bien délimiter l’emprise du site et de le libérer d’éventuels étals informels, mais il n’est pas question d’empiéter ni de démolir d’autres concessions. « Tous les travaux se font sur la plateforme aéroportuaire », assure-t-on du côté de la Sogeag.

La nouvelle aérogare, bâtie sur une superficie de 20 000 m2, sera trois fois plus grande que l’actuelle

La réunion d’Abidjan devrait permettre de débloquer la deuxième phase du projet, qui porte sur la construction de l’infrastructure proprement dite. La nouvelle aérogare, bâtie sur une superficie de 20 000 m2, sera trois fois plus grande que l’actuelle, appelée à être démolie, et elle permettra de doubler la capacité d’accueil de la plateforme, pour la porter à 1,5 million de passagers par an d’ici à 2031.

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