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Exemples à suivre

Ils ne se connaissent pas, ils ne travaillent pas dans les mêmes pays, mais partagent l'ambition de réussir en exerçant un métier moderne.

Khaled Aouij
Quand la passion devient profession
27 ans, Khaled Aouij n’a pas hésité à changer radicalement de voie pour consacrer sa jeune carrière à ses passions : les nouvelles technologies et la communication. En janvier 2006, ce jeune diplômé en architecture féru d’informatique crée www.prosdelacom.com, un annuaire en ligne regroupant les prestataires tunisiens dans la communication, l’image et le multimédia. Le site présente les nouveaux talents et se veut à mi-chemin entre une vitrine du savoir-faire et une plate-forme d’échanges. Grâce à une mise à jour quotidienne des liens et de l’information, le succès est rapidement au rendez-vous. Dès les premiers mois, prosdelacom obtient l’un des meilleurs référencements sur les principaux moteurs de recherche (Google, Yahoo). Et le jeune manager ne cache pas ses ambitions : « Il s’agit de devenir le premier producteur de contenu Internet pour les professionnels de la communication en Tunisie ». Autre prétention, prosdelacom et son équipe – deux rédacteurs, un infographiste et de nombreux stagiaires – envisagent d’atteindre 60 000 visiteurs et 600 000 pages consultées d’ici à la fin de 2007. Un objectif ambitieux, même si l’on tient compte de la progression du nombre d’internautes en Tunisie, multiplié par six en cinq ans pour atteindre 3 millions. Le taux de pénétration d’Internet dans les foyers est passé de 1,6 % en 2001 à 10 % en 2006.

Fatma, Hatem et Hédi
Trio de têtes
Ils sont jeunes, ambitieux et passionnés de nouvelles technologies. Fatma Hendaoui, Hatem Meddeb et Hédi Ouertani – tous trois âgés de moins de 30 ans – viennent d’obtenir leur diplôme universitaire à l’Institut supérieur d’informatique et des technologies de communication de Hammam Sousse, au nord de l’agglomération de Sousse, dans l’est de la Tunisie. Depuis la délivrance de ce fameux sésame, pas question pour autant pour ce trio inséparable de se prélasser à l’ombre des palmiers. Menés par leur chef de file Fatma, ils se sont immédiatement mis au travail dans le but de concrétiser leur projet commun : une plate-forme électronique pour futurs créateurs d’entreprises. « Plus de 10 % des étudiants en Tunisie sont inscrits en filières TIC, la concurrence est rude, précise Fatma. Dans notre institut, par exemple, nous étions 180 inscrits, il y a quatre ans. Pour l’année universitaire 2005-2006, l’établissement compte plus de 800 étudiants, notamment dans les filières informatique et télécommunications. » Avec plus de 5 000 spécialistes dans le domaine des TIC formés chaque année, la Tunisie dispose désormais de milliers de porteurs de projets dans des domaines aussi variés que les télécommunications, le « e-business », le « e-learning », la « e-culture », la « e-santé » ou encore le « e-loisirs ». Portés par cette nouvelle vague, Fatma, Hatem et Hédi croient dur comme fer au succès de leur projet. L’idée consiste à créer une plate-forme électronique regroupant toutes les informations indispensables à la réalisation d’un plan d’affaires (business plan) adapté à l’environnement économique et national du pays. « Le plus de notre projet, c’est que l’utilisateur aura l’occasion de réaliser son plan d’affaires personnalisé avec l’aide d’un guide virtuel », précise Fatma. En plus des cours dispensés par leur institut et pour parfaire leurs connaissances en multimédia et en gestion, ils ont eu recours à l’enseignement à distance proposé par l’Université virtuelle de Tunis (UVT), une expérience pédagogique lancée en janvier 2002. « L’UVT nous a permis l’accès à un ensemble très large de ressources pédagogiques sans contraintes temporelles ni géographiques, se souvient Hédi, le benjamin du groupe. Nous avons en particulier beaucoup utilisé la Bibliothèque virtuelle éducative qui a bien facilité nos recherches. » Une fois leur plate-forme électronique mise en place, Fatma, Hatem et Hédi ont l’intention de créer une petite entreprise spécialisée dans les solutions et les applications informatiques dans le domaine de la téléphonie. Quant à savoir où ils envisagent d’implanter leur unité, le trio répond en chur : le parc technologique El-Ghazala. Un choix qui n’est pas anodin puisque ce parc – berceau de l’économie immatérielle depuis 1999 – réunit les acteurs clés des services informatiques et des télécoms en Tunisie (voir J.A. n° 2317).

Mohamadou Diallo
Confiant dans l’avenir
« J’ai foi dans les télécoms pour tirer l’économie africaine. Leur implantation sur un continent dont les sociétés sont en grande partie fondées sur la communication orale ne peut être qu’un succès. » Rédacteur en chef de Réseau Telecom Network (RTN), le premier bimestriel panafricain de langue française spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), Mohamadou Diallo ne cache pas son enthousiasme lorsqu’il évoque le potentiel de développement qu’elles représentent pour l’Afrique : « Avec un taux de pénétration de 10 % seulement, elles ont encore de beaux jours devant elles. »
Pur produit du « boom » de la filière, à 37 ans aujourd’hui, le journaliste a des convictions qui ne datent pas d’hier. Diplômé de l’Institut supérieur de gestion (ISG) de Paris, titulaire d’un DEA « sciences info-com » de l’université Paris-VII, Diallo est un observateur assidu du secteur depuis près d’une décennie. À la fin de ses études, en 1998, il devient simultanément commercial pour un cabinet parisien d’expertise en télécommunications et collaborateur régulier de La Lettre ?des télécommunications, publiée par le quotidien économique français Les Échos. En février 2005, il rejoint la rédaction de RTN. Trois expériences qui, aujourd’hui, l’ont convaincu de descendre, lui aussi, dans l’arène.
Depuis un an, Mohamadou Diallo multiplie les initiatives. Il y a d’abord Aflytel, une entreprise spécialisée dans les activités de télécommunications aéroportuaires, qu’il cherche à monter à Dakar en partenariat avec Aéroports de Paris (ADP). Malgré quelques lenteurs administratives, le projet suit son cours. Il y a ensuite le lancement du réseau des directeurs de systèmes d’information des entreprises africaines (AfroCio, voir article précédent), auquel il participe activement. Il y a, enfin, le suivi d’Africa Telecom People, la grand-messe annuelle des télécoms africaines qu’organise son journal les 14 et 15 septembre à Casablanca, au Maroc. « Parce que, dit-il, l’avance de ce pays en la matière doit servir de moteur au continent. »

Moncef Belkhayat
De la théorie à la pratique
Pourquoi, alors qu’il vient de passer six ans à gravir les échelons de Procter & Gamble (P&G), Moncef Belkhayat décide-t-il un jour de quitter ce temple du marketing de grande consommation, internationalement réputé, pour rejoindre Méditel, le second opérateur de télécoms marocain ? À l’époque (c’était il y a six ans), le diplômé de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises de Casablanca (Iscae) est tout juste trentenaire. Il a voyagé de par le monde arabe, notamment en Algérie, en Tunisie, en Jordanie, en Libye et en Palestine, pour y lancer les affaires de P&G. Et, lorsque les recruteurs viennent frapper à sa porte, le futur vice-président du pôle commercial de Méditel – c’est son poste aujourd’hui – est déjà directeur commercial de P&G au Maroc.
« Je suis parti parce que l’on est venu me chercher », commente simplement Moncef Belkhayat. Mais il n’aurait pas franchi le pas si le secteur n’avait pas été attractif. « Aujourd’hui, 34 % de la totalité des dépenses publicitaires au Maroc sont dans les télécoms. C’est une activité très visible, très proche des gens et dont l’image est moderne et dynamique », explique-t-il. Autre caractéristique qui a séduit le trentenaire qu’il était : la jeunesse de ses collègues. « Il y a neuf ans, parmi les 700 cadres recrutés, la moyenne d’âge était de 29 ans », se souvient-il. La rémunération qui lui était proposée a probablement été un élément de décision déterminant. « Dans les télécoms, le niveau des salaires est 20 % plus élevé que dans les autres secteurs », commente Moncef Belkhayat. Difficile de résister Mais une coquette fiche de paie ne suffit pas toujours à appâter le jeune diplômé : « Nous ne sommes pas concurrencés par d’autres secteurs d’activités, mais par des entreprises canadiennes, allemandes, françaises. Dans ce cas, les futurs cadres sont attirés par la qualité de vie et la possibilité de travailler dans leur pays », explique-t-il. Sans compter que la croissance exponentielle du secteur laisse entrevoir une pénurie de cadres. Jeunes diplômés, la balle est dans votre camp ! « Je suis le meilleur exemple de quelqu’un qui a un diplôme normal », conclut Moncef Belkhayat, qui a toutefois suivi un cycle à Harvard en 2003. Comprendre, en filigrane : les télécoms sont un secteur ouvert où l’on apprend aussi « sur le tas ».

Daniel Annerose
Adapter les outils, pas les clients
Améliorer les performances des agriculteurs et des agro-industriels des pays émergents en leur apportant des services sur GSM et Internet : telle est, en substance, la mission de Manobi, la société fondée par Daniel Annerose au Sénégal il y a six ans.
À l’époque pourtant, rien ne prédisposait ce chercheur en biologie végétale âgé de 45 ans à donner une telle orientation à sa carrière. S’il possède bien une maîtrise en sciences de l’informatique, il est surtout spécialiste de l’élaboration de programmes de développement agricole. Il a exercé cette activité pendant dix-sept ans au Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et, parallèlement, au Centre d’étude régionale pour l’amélioration de l’adaptation ?à la sécheresse (Ceraas), qu’il a créé ?à Thiès en 1992.
C’est en 1996 qu’Annerose attrape le virus des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Jusqu’alors basé au Sénégal, il est rappelé à Paris pour prendre ?la responsabilité des partenariats Afrique et Océan indien du Cirad, un poste de choix pour observer « la désorganisation de l’agriculture africaine causée par la mondialisation et ses plans d’ajustements », selon ses propres termes. « Face à la déstabilisation des petits producteurs, je me suis demandé comment les réintégrer à l’économie mondiale en accrochant leur activité à un secteur en pleine croissance », ajoute-t-il.
Taux d’équipement dérisoire, dispersion des populations, absence de réseau de téléphonie fixe L’Afrique regorge d’opportunités de développement d’applications, encore faut-il prendre en compte quelques caractéristiques qui lui sont propres, comme le faible développement technologique, le pouvoir d’achat limité, le déficit en formation et, peut-être plus important, les attentes de la population en ce qui concerne l’utilisation des nouveaux outils. Ceux qu’a développés Manobi permettent aujourd’hui à 3 500 agriculteurs sénégalais de consulter quotidiennement sur leur téléphone mobile les prix pratiqués sur une douzaine de marchés agricoles du pays… Ou encore aux pêcheurs artisans du Sénégal d’être équipés d’un système de géolocalisation et de secours en mer qui leur permet en outre d’être couverts par les sociétés d’assurance.

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