Politique

Mohammed Ben Salman : messager préféré, cousin intime… La (jeune) garde rapprochée du prince héritier saoudien

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Mis à jour le 21 avril 2021 à 15h33
La garde rapprochée de MBS.

La garde rapprochée de MBS. ©

Depuis son avènement en 2017, Mohammed Ben Salman (MBS) place ses fidèles au sein de l’appareil d’État saoudien. Et a singulièrement rajeuni le visage institutionnel du royaume.

On ne l’attendait pas sur ce terrain, mais c’est bien une polémique artistique qui a remis le nom du prince héritier saoudien au cœur de l’actualité. Le Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci et pour lequel MBS a déboursé en 2017 la bagatelle de 450 millions de dollars, fait l’objet d’un débat de spécialistes sur son origine : le maître a-t-il pas du tout, un peu, beaucoup ou totalement peint ce chef-d’œuvre de la Renaissance ?

Quoi qu’il en soit, cette question d’experts n’aura vraisemblablement aucun impact sur le pouvoir croissant du prince héritier, lequel place petit à petit ses hommes de confiance au sein de l’appareil d’État saoudien. Depuis son avènement en 2017, MBS a ainsi considérablement rajeuni le visage d’un royaume jusque-là essentiellement contrôlé par des gérontocrates.

Le ministre de la Culture a représenté en 2017 un mystérieux « donneur d’ordres du Moyen-Orient » – on apprendra plus tard qu’il s’agit du prince héritier Mohammed Ben Salman – pour enchérir sur le fameux tableau de 60 cm attribué à Léonard de Vinci. Représentant d’une branche marginale de la famille royale, il n’en est pas moins un proche parmi les proches du prince héritier.

Né une quinzaine de jours seulement après son cousin en 1985, Badr a grandi avec MBS et partagé avec lui ses jeux d’enfant. Il est notamment chargé des partenariats internationaux, par exemple avec l’Institut du monde arabe à Paris, pour le développement du tourisme archéologique en Arabie saoudite. En 2018, il devient le premier ministre de la Culture de l’histoire du Royaume.

Poste stratégique au royaume s’il en est, la direction de la Garde nationale a longtemps été la prérogative du prince Mitaib, fils du précédent roi Abdallah et à ce titre potentiel rival de MBS lorsque Salman monte sur le trône en 2015. Mutaib fera partie de la cohorte de responsables saoudiens séquestrés en 2017 au Ritz-Carlton de Riyad, avant d’être libéré après un accord « à l’amiable ».

Après un intérim, pour la forme, assuré par le fils du fondateur de la Garde nationale, c’est Abdallah Ben Bandar qui prend en décembre 2018 le contrôle de cette institution censée être la plus loyale à la famille royale. Âgé de 34 ans, le ministre n’a, a priori, aucune expérience du secteur sécuritaire puisqu’il est doté d’un diplôme de commerce obtenu à l’Université du Roi Saoud de Riyad. Mais là n’est sans doute pas l’essentiel pour MBS.

C’est bien simple : le décret royal du 21 juin 2017 nommant Mohammed Ben Salman prince héritier est le même qui a fait de Abdelaziz Ben Saoud le nouveau ministre de l’Intérieur en lieu et place de Mohammed Ben Nayef, lequel a été du même coup destitué de son titre de… prince héritier.

C’est dire si le destin de cet homme de 38 ans est étroitement lié à celui de MBS. Lequel, en général plutôt avare de compliments avec ses collaborateurs, a même envoyé un message au nouveau ministre pour le féliciter de la baisse de la criminalité dans le royaume, en avril 2018, soit moins d’un an après sa nomination…

 

Si le « dieu aux pieds ailés » Hermès était saoudien, il s’appellerait Turki Ben Mohammed. Ce petit-fils de l’ex-souverain saoudien Fahd est en effet devenu le messager préféré du roi Salman et de MBS, de Tokyo à Alger en passant par Bahreïn et Koweït. À 41 ans, il est doté du rang de ministre d’État.

Côté cour, Turki Ben Mohammed apprécie les séjours au Maroc, à Tanger notamment où il s’est rendu, selon le média marocain Le 360, en août 2018 pour assister au match de la Supercoupe d’Espagne entre le FC Barcelone au FC Séville.

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