Économie

[Série] Congo : Total se ressource sur les plateaux Batéké (3/3)

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Mis à jour le 1 mai 2021 à 16:59

Plantation d’acacias mangium et auriculiformis sur les plateaux Batéké, au Congo. © FNC

« Le casse-tête de la transition énergétique » (3/3). Le groupe de Patrick Pouyanné a lancé la plantation d’une forêt de 40 000 hectares à 200 km au nord de Brazzaville. Une première sur le continent pour l’entreprise.

Gaz, énergies renouvelables… Pour mener à bien leur transition énergétique, les majors peuvent activer un troisième levier avec les  solutions « à impact CO2 négatif » (puits de carbone) venant compenser les émissions résultant de leurs activités.

En Afrique, leurs efforts se concentrent sur les projets forestiers, notamment dans le cadre REDD+ (Reducing emissions from deforestation and forest degradation). Cette initiative des Nations unies s’appuie sur une méthodologie stricte et des certificateurs indépendants comme l’américain Verra (VCS).

Total a créé une filière -Nature based solutions – vouée à investir dans ces puits naturels. Dotée de 100 millions de dollars par an à partir de 2020, elle vise à capter, d’ici à 2030, cinq millions de tonnes de CO2 par an.

Une nouvelle forêt au Congo

Avec le bureau d’études spécialisé français Forêt Ressources Management, piloté par Bernard Cassagne, la major a signé avec le Congo un partenariat pour la plantation d’une nouvelle forêt de 40 000 hectares sur les plateaux Batéké. Elle doit constituer un puits de carbone d’environ 13 millions de tonnes de CO2 séquestrées sur vingt ans.

La plantation d’acacias sur ces plateaux sableux situés à quelque 200 km au nord de la capitale du pays, à proximité de la rivière Léfini et du fleuve Congo, devrait créer un environnement forestier plus résistant aux feux de brousse, et accroître la biodiversité.

L’opération, financée intégralement par Total – autour de 230 millions de dollars sur la durée du projet –, inclut des cultures agroforestières développées avec les populations locales pour des productions agricoles et de bois énergie durable.

À l’horizon 2040, l’exploitation responsable, en futaie jardinée, doit permettre la régénération naturelle d’essences locales et l’approvisionnement de Brazzaville et Kinshasa en bois sciés et contreplaqués.

Des partenaires reconnus

Selon le patron Afrique subsaharienne de Total E&P, Nicolas Terraz, il s’agit du premier projet du genre sur le continent pour le groupe français qui vise la neutralité carbone à l’horizon 2050. Ses performances écologiques seront certifiées par des auditeurs indépendants sous les standards VCS (Verified Carbon Standard) et CCB (Climate Community and Biodiversity).

« Nous souhaitons développer ces projets aux côtés de partenaires reconnus, comme FRM, dont nous avons beaucoup à apprendre, et en dialogue avec les territoires, afin d’ancrer notre engagement dans le temps long et de contribuer au développement local, » a fait valoir Adrien Henry, directeur de la branche Nature Based Solutions chez Total, à l’annonce du lancement du projet, le 16 mars 2021.

Shell conduit ses plus gros projets en Asie (en Indonésie, notamment) mais participe à des projets de reforestation au Ghana et au Kenya. Pour sa part, Eni s’est lancé dans le soutien au projet REDD+ Luangwa Community Forest Project en Zambie qui vise à capter 1,5 million de tonnes de CO2. Le groupe promet d’autres partenariats au Mozambique, au Ghana, au Congo, en RDC ou en Angola ces prochaines années.