Politique

Charles M’Ba : « Rien n’a été fait pour réconcilier les Gabonais »

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Mis à jour le 14 avril 2021 à 17h59
L’opposant gabonais Charles M’Ba.

L'opposant gabonais Charles M'Ba. © DR

L’ancien ministre d’Omar Bongo Ondimba, devenu cadre de l’opposition gabonaise, estime que cette dernière doit d’ores et déjà se rassembler pour la présidentielle de 2023. Un scrutin auquel il envisage de se présenter.

Expert-comptable passé par Elf, ancien ministre des Finances d’Omar Bongo Ondimba et ex-sénateur du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Charles M’Ba est aujourd’hui un cadre de l’Union nationale (UN, opposition) et fut un temps proche de Jean Ping. S’il n’exclut pas de se présenter à l’élection présidentielle de 2023, il appelle l’opposition et le pouvoir à tirer les leçons du passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Entretien.

Jeune Afrique : La crise politique étant finie, le Gabon est-il un pays apaisé ?

Charles M’Ba : Comment le pays pourrait-il être apaisé ? L’essentiel des organisations syndicales du public, du parapublic et du privé appellent sans cesse à la grève depuis des années… Quand les Gabonais, pour manifester leur mécontentement, sont obligés de taper dans des casseroles avant de se faire matraquer chez eux la nuit …

Regardez les notations des agences et les indices relatifs au risque politique. Le Gabon est mal classé. La Coface [société d’assurance crédit française], par exemple, estime que le contexte politique et social est détérioré. Nous n’attirons pas les investisseurs. Regardez le classement Doing business de la Banque mondiale [le Gabon se classe à la 169ème place dans le rapport 2020, NDLR]. Et je vous prie de noter que ce n’est pas nous, l’opposition, qui faisons ces classements !

Le pays n’est pas non plus au bord de la catastrophe…

C’est une fuite en avant de continuer à faire comme si de rien n’était. Le Gabon que je connais est celui des routes abîmées, quand elles existent, celui des écoles bondées, celui des éléphants blancs… Ma petite-fille a eu le bac l’année dernière à 16 ans. Pour s’inscrire à l’université, elle a dû attendre jusqu’au mois d’avril ! Non, le Gabon ne peut pas être apaisé.

Depuis l’élection présidentielle de 2016, une crise politique majeure a éclaté, des jeunes ont été tués dans la répression violente ordonnée par le pouvoir… Les parents demandent réparation, mais personne ne leur parle. En 2016, le président a pu gagner la « guerre » contre les forces de l’alternance qui, elles, avaient gagné l’élection par les urnes. Il doit maintenant être capable de gagner la paix. Or, il s’enferme dans le déni. J’ai observé le processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire piloté par Charles Konan Banny après la crise post-électorale. Rien de tel n’a été entrepris au Gabon depuis 2009. Il faut mettre le problème sur la table et le régler. Or, nous n’en prenons pas le chemin.

Les opposants en exil comme les Gabonais vivant au pays ne sont pas en sécurité

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