Agroalimentaire

Côte d’Ivoire : Sifca sort le chéquier pour accroître son empreinte dans le caoutchouc

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 16 avril 2021 à 14h02
Pour répondre à la demande de ses acheteurs de caoutchouc, l’agro-industriel doit produire plus. L’usine de Soubré entrera en production en novembre 2022.

Pour répondre à la demande de ses acheteurs de caoutchouc, l’agro-industriel doit produire plus. L’usine de Soubré entrera en production en novembre 2022. © SAPH

SAPH, la filiale du leader ivoirien de l’agro-industrie, investit 26 millions d’euros dans une nouvelle unité de transformation d’hévéa à Soubré, dans le sud-ouest ivoirien.

La Société africaine des plantations d’hévéas (Saph), filiale du conglomérat agro-industriel Sifca, poursuit sa stratégie de développement. L’entreprise investira 17 milliards de F CFA dans la construction d’une usine de transformation d’hévéa d’une capacité annuelle de 60 000 tonnes à Soubré, dans le sud-ouest ivoirien.

Un projet qui s’inscrit dans le vaste programme d’investissement de la Société internationale des plantations d’hévéas (Siph), le holding de Sifca qui concentre les activités de caoutchouc naturel à usage industriel en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria et au Libéria.

Améliorer les rendements de 30 %

Au début de 2021, plus d’un an après son retrait de l’euronext en décembre 2019, Siph avait levé une dette de 85 millions d’euros auprès d’un pool de banques mené par la Société générale avec Proparco, Banque Palatine, le Crédit Lyonnais, Bank of China pour financer et soutenir la croissance de ses implantations en Côte d’Ivoire et au Ghana, épicentre de ses activités dans l’hévéa.

« Nous avons produit 300 000 tonnes dont 216 000 en Côte d’ivoire. Notre objectif est de passer à 280 000 tonnes quand l’usine de Soubré entrera en production en novembre 2022 », explique Bertrand Vignes, le directeur général de la Siph.

Les acteurs locaux de l’industrie du matelas s’approvisionnent à la Saph

En Côte d’Ivoire, l’entreprise possède six usines. À terme, le parc d’usines sera composé de dix unités. La diversification se poursuit avec des déclinaisons dans les produits de grande consommation.

« Nous progressons dans notre diversification, les acteurs locaux de l’industrie du matelas s’approvisionnent à la Saph. La Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic), basée à Bobo Dioulasso au Burkina, spécialisée dans la fabrication des pneus pour les deux roues s’approvisionne également chez nous » a confié Jean-Louis Billon, le président de Saph.

Une extension déjà dans les tuyaux

Les derniers développements dans le secteur agricole incitent le groupe Sifca à déjà envisager une extension de l’usine de Soubré, dont la capacité sera doublée après sa mise en marche. Le secteur des oléagineux porte la croissance de la Sifca, qui est en partenariat avec le géant singapourien Wilmar international. La filiale Sania poursuit sa diversification dans les produits de grande consommation, et Sifca a décliné sa marque Dinor dans le domaine de l’alimentation notamment dans de l’huile, le riz, la margarine et le beurre.

Il y a de la place pour tout le monde

« Nous voulons construire une grande diversification autour d’une marque solide » a confié Jean-Louis Billon, qui révèle que les relations avec Wilmar sont au beau fixe.

Comment pourraient-elles ne pas l’être quand le chiffre d’affaires dans les oléagineux progresse très rapidement grâce aux développements du palmier à huile ? L’arrivée en force de l’israélien Dekel Oil ou d’autres acteurs sur le segment des oléagineux n’est d’ailleurs pas vue d’un mauvais œil par Sifca, qui semble y être préparé. « Il y a de la place pour tout le monde. Nous ne pouvons pas prétendre seuls nourrir la sous-région ». Le management de la Sifca est toujours assuré par Alassane Doumbia, le président, et Pierre Billon, le directeur général.

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