Santé

Coronavirus : Ngozi, Diop, Ghebreyesus à l’unisson pour sortir l’Afrique de l’impasse du vaccin

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Mis à jour le 13 avril 2021 à 12h28
Pour les trois dirigeants, il est urgent que les entreprises pharmaceutiques partagent leurs capacités de production de vaccins anti-Covid.

Pour les trois dirigeants, il est urgent que les entreprises pharmaceutiques partagent leurs capacités de production de vaccins anti-Covid. © SIPHIWE SIBEKO/AFP

OMC, IFC, OMS… Les Africains à la tête des plus grandes institutions internationales ont plaidé pour une plus grande solidarité dans la distribution mondiale des vaccins, lors des réunions de printemps 2021 de la Banque mondiale et du FMI.

« Partager les vaccins est un acte de solidarité, pas de la charité ». Pour Tedros Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, c. En particulier les producteurs des pays les plus riches vers les pays en développement, parmi lesquels le continent africain est sans conteste le moins bien loti.

Rappelant les propos qu’il avait tenus quelques semaines auparavant depuis le siège de l’organisation onusienne à Genève, l’Éthiopien a déploré les promesses initiales non suivies d’effets des nations les plus riches.

« Depuis le début de cette crise, la solidarité entre pays n’a pas atteint le niveau désiré », a-t-il précisé durant la session « Vaccin4All » (un vaccin pour tous) lors des Réunions de printemps coorganisées virtuellement par la Banque mondiale et le FMI du 5 au 11 avril. Appelant les États à accélérer leur collaboration en matière de recherche et de production d’un vaccin contre le Covid-19. Un fléau déclaré pandémie mondiale par cette même OMS, dès mars 2020.

Rôle charnière du secteur privé

Après ce premier constat, et répondant à la question de savoir comment le secteur privé peut contribuer à l’accélération de la production et de la distribution des vaccins Covid-19, Makhtar Diop, le tout nouveau patron d’IFC (groupe Banque mondiale) a, quant à lui, identifié trois leviers d’action.

Selon lui, il existe de nombreuses façons pour le secteur privé de jouer un rôle important en veillant à ce que les économies en développement puissent, elles aussi, accéder aux vaccins et les distribuer. Le secteur privé peut « faire bouger les choses dans la recherche et la production des vaccins ; mettre en place la logistique adéquate pour garantir une distribution efficace ; encourager les investissements dans les entreprises pharmaceutiques locales », a avancé l’économiste sénégalais qui est l’interlocuteur des acteurs du privé dans leur recherche de financement auprès de l’organisation de Bretton Woods.

En somme, le rôle du secteur privé apparaît comme central pour mettre en œuvre une action coordonnée, efficace et rapide pour permettre à tous les pays de bénéficier d’une réponse égale face à la pandémie.

Le plus grand stimulus économique pour les pays en développement serait un accès équitable aux vaccins

Pour cela, Makhtar Diop a rappelé la nécessaire collaboration entre les gouvernements et les sociétés privées, notamment dans le cadre d’un objectif à plus long terme. « Gardons également les yeux sur l’objectif à long terme : construire des systèmes de santé et de logistique résilients dans les économies en développement », a-t-il plaidé.

L’Afrique parent pauvre

Même appel du côté de la patronne de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), et ancienne présidente du conseil d’administration de Gavi –  l’organisation qui cogère l’initiative Covax. « Le plus grand stimulus économique pour les pays en développement serait un accès équitable aux vaccins Covid-19 », a reconnu Ngozi Okonjo-Iweala.

Pour ce faire, la Nigériane appelle dans l’immédiat à un transfert de technologie des industries pharmaceutiques qui ont mis au point les vaccins, afin de disposer de sites de production partout dans le monde et ainsi augmenter les capacités de fabrication en quelques mois.

Parents pauvres parmi les pays en développement, la plupart des pays africains entrent dans le périmètre de l’initiative de solidarité internationale Covax, mise en place par l’Onu et ses partenaires. Or, à ce jour, sur les quelque 102 pays ayant déjà reçu des vaccins contre le Covid-19 grâce au Covax, 32 sont en Afrique.

Mais l’Afrique ne représente toutefois qu’une petite part des vaccinations à l’échelle mondiale. Selon le bureau régional pour l’Afrique de l’OMS, seulement 2 % des 690 millions des vaccins administrés dans le monde l’ont été sur le continent africain.

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