Politique

Rencontre avec Lbachir BenMohamed, l’immunologiste marocain devenu la coqueluche des médias américains

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Mis à jour le 12 avril 2021 à 15:02

L’immunologiste Lbachir BenMohamed © University of California

Directeur du laboratoire de recherche en immunologie de l’université de Californie-Irvine, le chercheur américain d’origine marocaine travaille à l’élaboration d’un vaccin universel, efficace contre toutes les formes de Covid. Interview exclusive.

CNN, ABC News, Fox… Depuis deux mois, le professeur Lbachir BenMohamed est omniprésent dans les médias américains et son nom revient dans toutes les discussions sur le coronavirus. La raison de cette agitation médiatique ? L’immense espoir suscité par le vaccin universel qu’il développe avec ses équipes de l’université de Californie, à Irvine, et qui protégerait contre tous les coronavirus connus, ainsi que contre d’éventuels nouveaux variants.

Rien ne prédestinait pourtant ce natif de Tagante, un village amazigh situé à 18 kilomètres de Guelmim, au Maroc, à devenir une star mondiale de l’immunologie, à la tête de l’un des laboratoires de recherche les plus importants d’Amérique du Nord.

Né en 1968 dans un milieu populaire – son père, Lahcen, a été berger, puis, pendant une dizaine d’années, mineur dans le nord de la France avant d’ouvrir une petite épicerie à Guelmim –, Lbachir veut d’abord devenir médecin, comme le chercheur maroco-américain Moncef Slaoui.

Ode à la persévérance

Mais, après avoir échoué au concours d’entrée de la faculté de médecine de Casablanca, en 1984, il étudie la biologie, à l’université Ibn Zohr d’Agadir, où il obtient sa licence. Il entre ensuite en tant que stagiaire à l’Institut Pasteur de Paris. À force de travail, il finit par y soutenir une thèse de doctorat en immunologie, portant sur un vaccin contre la malaria.

Chercheur brillant et travailleur acharné, il complète sa thèse par un post-doctorat aux États-Unis. À l’université de Californie, où il enseigne, il gravit tous les échelons, successivement professeur-assistant, professeur-associé, puis professeur et directeur du laboratoire d’immunologie cellulaire et moléculaire. Son histoire est une formidable success story et une ode à la persévérance.

Aujourd’hui à la tête d’une équipe de neuf chercheurs, il travaille à l’élaboration de ce vaccin universel, pour lequel les États-Unis ont investi 4 millions de dollars, ainsi qu’à un dispositif révolutionnaire de patch vaccinal. Le tout sans oublier ses racines, puisqu’il ambitionne de créer, au Maroc, le premier institut d’immunologie d’Afrique.

Jeune Afrique : Vous travaillez à l’élaboration d’un vaccin universel, qui permettrait de se prémunir contre toutes les formes de Covid, y compris contre ses futurs variants. Comment vous est venue cette idée ?

Lbachir BenMohamed : Le Covid-19 n’est ni la première ni la dernière pandémie causée par un coronavirus. Auparavant, il y avait eu le SARS-CoV-1, le MERS, etc. Moins d’un an après l’émergence du Coronavirus SARS-CoV-2, au moins trois variants sont apparus : en Afrique du Sud, au Brésil et en Angleterre.

Or, ces nouveaux variants ont déjà développé une « immunité », qui les protège des vaccins existants. Le Covid-19 est un virus très malin, qui cherche sans cesse à muter pour assurer sa survie. Dans le jargon des immunologistes et des virologistes, on appelle cela une « Immune-Evasion ».

La question n’est pas : « Une autre pandémie va-t-elle se produire ? », mais : « Quand ? »

Aussi, dans ce combat entre l’homme et le coronavirus, devons-nous nous montrer plus intelligents que ce dernier et prévoir quelles seront ses « stratégies de défense », en travaillant à l’élaboration d’un vaccin capable de cibler toutes ses souches et variants, même ceux qui ne sont pas encore apparus.

Il n’est en effet pas exclu de voir, dans les prochaines années, émerger un Covid-25 ou un Covid-30. La question n’est donc pas : « Une autre pandémie va-t-elle se produire ? », mais : « Quand la prochaine pandémie aura-t-elle lieu ? »

Comment fonctionnerait ce vaccin universel ? En quoi se différencie-t-il des vaccins actuels ?

La majorité des vaccins actuels – Pfizer, AstraZeneca, Moderna, Johnson & Johnson – cible la protéine Spike, présente à la surface de l’enveloppe du Covid-19 et qui lui permet de se fixer sur un récepteur cellulaire, puis de pénétrer dans les cellules des poumons. Ensuite, le virus se réplique et cause des dégâts pulmonaires, bien identifiés aujourd’hui.

Or, en cas de mutation, ces vaccins ne suffisent pas. C’est pourquoi nous avons choisi, pour élaborer notre vaccin universel, de cibler non pas la seule protéine Spike, mais toute la constitution génétique commune à toutes les souches et variants connus de ce virus – soit une dizaine de protéines –, ce qui permettra non seulement de lutter contre la pandémie actuelle, mais aussi de faire face aux prochaines mutations.

Face au risque d’apparition de nouveaux variants, on est dans une course contre la montre

Nous sommes en phase d’études précliniques : nous testons quinze vaccins universels-candidats sur des souris, que nous vaccinons et exposons ensuite à des variants du coronavirus pour voir lequel de ces quinze vaccins les protégera le mieux. Le plus efficace sera soumis à des essais cliniques sur l’homme [dernière phase avant la mise sur le marché] à la fin de 2021 ou, au plus tard, au début de 2022.

Le Covid-19 étant appelé à muter, les vaccins actuels sont-ils inutiles ? D’une certaine manière, ils protègent contre une version déjà obsolète…

Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour contrer la possible apparition de nouveaux variants du Covid-19, lequel circule encore beaucoup et mute beaucoup. Donc, plus l’on vaccine vite, moins l’on a de risques de voir apparaître de nouveaux variants, plus dangereux.

Se faire vacciner est non seulement un acte de protection individuelle, mais aussi un acte citoyen, qui permet à chaque pays de parvenir plus rapidement à l’immunité collective et, en outre, de sauver l’économie. Cette question est très importante, car, chaque jour, des emplois sont perdus et des entreprises font faillite.

Quand avez-vous commencé à travailler sur le Covid-19 ?

Dès les premiers cas connus en Chine, à Wuhan, et dès que la séquence génomique du virus SARS-CoV-2 a été publiée, mon équipe et moi nous sommes intéressés à sa structure, à ses particularités, à son mode de fonctionnement. Dès juillet 2020, nous avons publié un article prévoyant l’apparition de variants plus virulents, et soulignant la nécessité de trouver un vaccin universel.

Le gouvernement américain a mobilisé 4 millions de dollars pour notre projet

C’est un projet d’envergure, sur lequel nous travaillons 24h sur 24, et pour lequel le gouvernement américain a mobilisé 4 millions de dollars, auxquels s’ajoutent des financements privés. Ces moyens importants nous permettent de nous concentrer sur l’obtention rapide de résultats.

Comment expliquez-vous que la France, où vous avez soutenu votre thèse de doctorat en immunologie, et qui est historiquement un pays précurseur en la matière, n’ait, à ce jour, trouvé aucun vaccin ?

Elle possède d’excellents chercheurs et des centres de recherche de pointe, tels que l’Institut Pasteur. Mais ils sont, en quelque sorte, bridés dans leur démarche. Tout le problème de la recherche, en France, réside dans le fait qu’on ne prend pas de risques : on ne finance un projet que si l’on est sûr qu’il aboutira.

Contrairement aux États-Unis, il n’y a pas de culture de prise de risques. Or, la prise de risque est à la base de toute découverte. Quand on entame une recherche, on ne sait pas si elle va aboutir. Mais si on n’essaie pas, on ne trouve pas…

Par ailleurs, il y a un manque d’agilité dans la prise de décision : même quand un sujet de recherche trouve des soutiens, les procédures administratives organisant ces aides sont parfois lentes.

L’immunologiste américain d’origine marocaine Lbachir BenMohamed sur le campus de l’université de Californie, à Irvine.

L’immunologiste américain d’origine marocaine Lbachir BenMohamed sur le campus de l’université de Californie, à Irvine. © DR

Est-ce ce qui vous a poussé à vous installer aux États-Unis ?

Entre autres. L’Amérique du Nord est un paradis pour les chercheurs : dès lors que vous avez une idée innovante et un sujet prometteur, des moyens très importants sont mis à votre disposition. Les bailleurs de fonds, publics ou privés, n’hésitent pas à miser sur un sujet de recherche à partir du moment où on leur présente les arguments adéquats leur permettant d’imaginer les applications possibles.

En France, vos chances de réussite ne sont pas les mêmes selon que vous vous prénommez Ahmed ou Stéphane

Au sein même des universités, il existe tout un cadre qui permet d’aller de la recherche fondamentale à la recherche appliquée et à la commercialisation, en encourageant la création d’entreprises, par exemple, quand les projets sont très innovants. Tout cet environnement propice à la recherche m’a décidé à m’installer aux États-Unis.

Ont également pesé dans ma décision les possibilités d’évolution qui m’étaient offertes. En France, en plus des tracasseries administratives de carte de séjour auxquelles doivent faire face les chercheurs étrangers, vos chances ne sont pas les mêmes selon que vous vous prénommez Ahmed ou Stéphane.

Avec un nom tel que Lbachir BenMohamed, je partais avec un sérieux handicap, qui condamne à une forme d’invisibilité. Malgré son talent et ses compétences, il est très difficile pour un Maghrébin de se faire une place dans le monde de la recherche en France.

La communauté scientifique française est fermée sur elle-même ?

Non, le tableau n’est pas aussi noir. La France offre des formations de grande qualité à des étudiants venus du monde entier. J’en ai bénéficié moi-même et, le moins que l’on puisse dire, c’est que mon passage par l’université de Jussieu et par l’Institut Pasteur a constitué un précieux sésame. Par ailleurs, j’y ai rencontré des chercheurs français brillants et source d’inspiration, très ouverts sur le monde. Certains sont devenus des amis.

Néanmoins, on ne peut nier qu’il y a, dans ce milieu, une part de cooptation, de réseautage, à mon sens incompatibles avec la science. Cela ne s’applique pas qu’aux étrangers, mais aussi, dans une moindre mesure, à ceux qui viennent de province et qui n’ont pas de carnet d’adresses.

Au-delà des réseaux, dans la société française perdure un rejet vis-à-vis de ceux qui veulent s’extraire du rôle assigné de « l’arabe de service » et aller de l’avant. C’est un parcours du combattant pour en sortir, et certains n’en sortent jamais. Je pense à certains de mes camarades scientifiques d’origine arabe ou subsaharienne restés en France, et dont l’évolution professionnelle est très en-deçà de leurs compétences réelles.

Il y a en France, dans le milieu de la recherche, une part de cooptation et de réseautage, à mon sens incompatibles avec la science

C’est vraiment dommage : les Français devraient prendre conscience que la diversité est une excellente chose et une source de richesse. A fortiori dans des domaines comme la science ou l’art.

En Californie, par exemple, à l’université où j’enseigne, au-delà des compétences strictement techniques ou des connaissances scientifiques, on nous encourage à une diversité maximale, qu’elle soit liée au genre ou à l’origine, dans le recrutement des étudiants et chercheurs. Un bon groupe de recherche est un groupe hétérogène et multi-ethnique, où les idées circulent, vont dans toutes les directions.

Ce sont ces idées diversifiées, venant d’étudiants et de chercheurs issus des quatre coins du monde, qui mûrissent dans le groupe de recherche et qui, souvent, amènent à l’innovation et à la réussite. S’il est vrai qu’en France les choses ont commencé à bouger ces dernières années et que les minorités sont de plus en plus visibles, il reste encore beaucoup à faire.

Que pensez-vous de la stratégie anti-coronavirus de la France ? De cette série de semi-confinements ?

Cette approche faite de confinement, déconfinement et reconfinement est malheureusement inefficace. Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 ne peut diminuer tant que la population n’est pas largement vaccinée et tant que le respect des gestes-barrière n’est pas strict. Or, cela semble loin d’être le cas si l’on en croit les statistiques ainsi que les différents incidents qui ont été rapportés dans la presse, concernant les fêtes clandestines par exemple.

Par ailleurs, ces semi-confinements encouragent les réunions familiales ou amicales à domicile, ce qui donne plus de chances au virus de circuler. La majorité des transmissions de virus se font à l’intérieur, et non à l’extérieur.

Les semi-confinements encouragent les réunions familiales ou amicales à domicile, ce qui donne plus de chances au virus de circuler

Pour donner des résultats, le confinement doit être total et s’accompagner d’une active campagne de vaccination, afin de ne pas donner la possibilité aux variants plus dangereux d’apparaître. Aujourd’hui, aux États-Unis, on vaccine 3 millions de personnes par jour. On pense que l’immunité de groupe (« herd immunity ») sera acquise dans les prochains mois. On espère que ce sera également le cas en France et dans tous les pays du monde, pour éradiquer ce virus tueur de la planète.

Il faut agir vite et procéder rapidement à une campagne de vaccination à grande échelle. N’oublions pas que la pandémie de grippe espagnole de 1918, qui a fait plus de 50 millions de morts, a été causée par l’apparition d’un seul variant de virus de la grippe, issu de mutations qui l’avaient rendu plus mortel et plus contagieux. Il est important d’accélérer le rythme de la vaccination pour ne pas tomber dans le même scénario.

En plus de ce vaccin universel sur lequel vous travaillez, vous avez développé un dispositif sous forme de patch pour son administration. Une technique qui pourrait révolutionner la pratique de la vaccination…

Effectivement, avec mon équipe, nous travaillons sur le développement d’un patch pour administrer le vaccin, similaire au patch de nicotine qu’utilisent les personnes qui veulent arrêter de fumer.

Car la distribution d’un vaccin classique représente un coût énorme, en matière de transport, de conditions de conservation, de personnel soignant à mobiliser, etc. Au total, la distribution et l’administration d’un vaccin reviennent six fois plus cher que la fabrication du vaccin lui-même.

Grâce à la technologie du patch, il sera très facile de distribuer et de faire parvenir les vaccins, y compris aux régions les plus reculées

Grâce à cette technologie du patch, que nous avons brevetée, il sera très facile de distribuer et de faire parvenir les vaccins, y compris aux régions les plus reculées où il y a pas de structures ou de personnel médical, et aux pays les plus pauvres, puisqu’il pourra être envoyé dans une simple enveloppe. Le patient pourrait même se l’administrer lui-même, tant son usage est simple.

Vous semblez très soucieux du sort des pays en voie de développement. Est-ce une manière de rester fidèle à vos racines ?

Sans doute y a-t-il un sens à tout cela. Je suis né dans un village amazigh, Tagante, proche de Guelmim. Je ne viens pas d’un milieu aisé, au contraire. Mais si je suis arrivé là où je suis, ce n’est pas seulement grâce à une éducation familiale, mais aussi grâce à tout un village et à un entourage qui ont cru en moi, très tôt, quand j’étais enfant et que je revenais de l’école avec de bons résultats, puis, plus tard, quand j’ai eu mon bac ou durant mes études supérieures, les habitants du douar disaient : « Lbachir, il sera docteur », « Lbachir, il ira loin », « Lbachir est destiné à un grand avenir »…

Ces phrases, la foi que ces villageois avaient en moi, ont été comme un carburant. Elles m’ont porté pendant des années et continuent de me porter. C’était comme une prophétie, et en même temps cela nourrissait une forme de fidélité et de reconnaissance : je ne devais en aucun cas décevoir ces gens.

À l’époque, je ne savais pas exactement vers où aller, mais je savais que je devais aller le plus loin possible dans ce que j’entreprenais. Accomplir quelque chose de grand, de géant, à la hauteur de la confiance qu’ils m’avaient accordée et de ce qu’ils avaient rêvé, pressenti pour moi, et qui était devenu ma destinée. Je leur en serai éternellement reconnaissant.

Comment le fils d’un épicier de Guelmim peut-il devenir patron d’un grand laboratoire de recherche, en Californie ?

À force de confiance, de détermination et de persévérance, la réussite est à la portée de tout un chacun. Votre magazine s’appelle Jeune Afrique. Eh bien, moi, je veux donner de l’espoir à tous les jeunes Africains – qu’ils soient Marocains, Tunisiens ou Sénégalais… – qui sont bourrés de talent, mais souvent sans espoir, se croyant condamnés car pas nés avec les bonnes cartes en main.

En ce qui me concerne, je ne suis pas fils de ministre ou de PDG, et j’ai fait toute ma scolarité à l’école publique marocaine : le primaire au douar Tagante, à l’école élémentaire Sidi Ahmed Derkaoui ; le secondaire à Guelmim, au collège El Hassan El Hadrami et au lycée Bab Sahra. Enfin, j’ai obtenu ma licence de biologie à la faculté des Sciences Ibn Zohr d’Agadir.

Je n’avais pas de modèle de réussite, juste l’amour des études et cette conviction que je devais aller le plus loin possible. C’est ce qui m’a amené à poursuivre mes études en France, où j’ai fait mon doctorat, puis un « post-doc » aux États-Unis.

Quel est le secret de votre réussite ?

Il n’y a pas de secret : le travail, le travail et encore le travail. J’y consacre les trois quarts de mon temps. Je crois en l’adage : « The bigger you dream, the bigger you get » (« Plus grandes sont les choses dont vous rêvez, meilleur sera le résultat obtenu»). Selon moi, il faut se fixer l’objectif le plus ambitieux possible et s’y tenir. Être persévérant, patient, courageux. Rester concentré, attentif et à l’affût. Pour cela, il faut éviter à tout prix les distractions inutiles, les addictions de toutes sortes, jeux vidéo ou drogues.

Le Maroc a l’une des industries pharmaceutiques les plus avancées du continent africain

Vous travaillez à un projet d’institut de vaccinologie et d’immunothérapie au Maroc. Pensez-vous que le royaume pourra devenir un hub de fabrication de vaccins et d’immunothérapies en Afrique ?

Absolument. Le Maroc a l’une des industries pharmaceutiques les plus avancées du continent et des ressources humaines compétentes. On a pu voir, durant cette pandémie, combien il est réactif, et combien son industrie est dynamique, capable de s’adapter rapidement. On l’a constaté notamment avec les masques, les respirateurs, ainsi que dans l’organisation rapide du circuit de vaccination. Tous ces éléments montrent que le Maroc est un pays propice au développement de la fabrication de vaccins et d’immunothérapies.

Quelle forme prendra cet institut ? Public, privé, ou mixte ?

La question n’est pas tranchée. Les discussions avec les responsables marocains sont en cours, et toutes les options sont envisagées.

En décembre dernier, le Maroc et Israël ont rétabli leurs relations diplomatiques. Pensez-vous qu’un partenariat en matière de recherche vaccinale est possible entre les deux pays ?

Pourquoi pas… Tout est possible. La recherche et le développement n’ont ni origine ni religion.

Ces dernières années, il y a eu une recrudescence d’épidémies : Ebola, SARS, MERS, et maintenant le Covid-19. Doit-on s’attendre à de nouvelles épidémies mondiales dans l’avenir ?

Avec le développement qui s’est accéléré ces vingt dernières années, associé au non-respect de l’environnement, à la déforestation et à l’industrialisation à outrance, l’homme ne cesse de conquérir des territoires jusque-là occupés par des animaux sauvages. Pour se défendre et défendre leur territoire, ces animaux – comme la chauve-souris, le pangolin ou certains primates – répandent toutes sortes d’agents pathogènes qui se transmettent à l’homme.

Il faut revoir notre relation aux animaux et respecter leur habitat

Quelque 75 % de ces nouveaux agents proviennent des animaux. Les chauves-souris sont des réservoirs pour les coronavirus, les moustiques pour la dengue et les primates pour Ebola ou le sida.

Ces maladies émergentes sont à l’origine d’épidémies de plus en plus nombreuses, comme on l’a constaté au cours des vingt dernières années. La pandémie de Covid-19 n’est peut-être qu’un signe avant-coureur de ce qui va arriver.

L’homme doit prendre conscience qu’il ne vit pas seul sur cette planète, et qu’il n’y a pas de « planète B ». Pour éviter les transmissions de nouveaux agents pathogènes, il faut revoir notre relation aux animaux et respecter leur habitat. Faute de quoi, le pire reste à venir et de nouvelles épidémies émergeront.