Politique

[Exclusif] Maroc-Sahara : comment (et pourquoi) les FAR ont neutralisé le chef de la gendarmerie du Polisario

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 09 avril 2021 à 17h54
Dans une vidéo datée du 8 avril 2021, un adolescent, présenté comme le fils d’Addah Al-Bendir, annonce la mort du commandant de la gendarmerie du Polisario.

Dans une vidéo datée du 8 avril 2021, un adolescent, présenté comme le fils d'Addah Al-Bendir, annonce la mort du commandant de la gendarmerie du Polisario. © Facebook

La mort du commandant de la gendarmerie de la RASD, Addah Al-Bendir, a été annoncée le 7 avril. C’est la première disparition, au combat, d’un cadre important du Polisario depuis près de trente ans. Retour sur les circonstances de l’événement.

Le 7 avril, le « ministère de la Défense » de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a annoncé la mort du commandant en chef de son unité de gendarmerie, Addah Al-Bendir, dans un communiqué diffusé par l’agence de presse du Front Polisario, Sahara Press Service (SPS).

Selon les termes de ce communiqué — qui a été curieusement retiré du site le lendemain –, le « martyr Addah Al-Bendir est tombé mardi au champ d’honneur, où il était en mission militaire dans la zone libérée de Rouss Irni, à Tifariti », soit dans le no man’s land séparant le mur de défense marocain de la frontière mauritanienne, dans le nord de l’ex-colonie espagnole du Sahara occidental.

Ce décès au combat, le premier d’un cadre militaire important du Polisario depuis près de trente ans, semble confirmé par une vidéo datée du 8 avril, diffusée sur les réseaux sociaux et vraisemblablement tournée dans un camp d’indépendantistes sahraouis en Algérie.

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Colonne prise à partie par un F-16

On y voit un adolescent, présenté comme l’un des fils d’Addah Al-Bendir, entouré d’une quinzaine de camarades, tous en tenue militaire, annonçant la mort du « chahid » (« martyr ») devant le drapeau de l’Algérie et celui de la RASD. Le texte lu par le jeune homme appelle à la poursuite du combat contre « l’ennemi marocain».

Le texte lu par le jeune homme appelle à la poursuite du combat contre “l’ennemi” marocain

Même si, à Rabat, les autorités, tant civiles que militaires, se refusent à tout commentaire sur les circonstances de la mort d’Al-Bendir, de très bonnes sources ont affirmé à JA que cette dernière serait survenue lors d’une opération menée par les Forces armées royales (FAR).

Selon nos informations, le chef de la gendarmerie du Polisario était présent au sein d’une colonne de véhicules – 4×4, camions et blindés légers –, repérée par un drone d’observation Harfang des FAR alors qu’elle s’approchait du mur de défense.

Depuis que le Polisario a décrété, à la mi-novembre 2020, la fin du cessez-le-feu observé depuis septembre 1991, les indépendantistes ont a plusieurs reprises procédé à des tirs de roquettes contre les positions marocaines au Sahara et revendiqué plusieurs attaques, dont aucune n’a été confirmée de source indépendante.

Toute intervention hostile suscitera de notre part une riposte immédiate »

Toujours selon nos informations, une fois signalée, la colonne aurait été visée par un chasseur bombardier F-16 marocain et « entièrement détruite ». En revanche, l’information diffusée par le forum FAR-Maroc (une page Facebook non-officielle, proche des forces armées marocaines) selon laquelle le chef du Polisario, Brahim Ghali, 71 ans, était présent dans la colonne et aurait survécu, semble très peu probable.

« Nous ne sommes pas en guerre, a expliqué à JA un haut responsable marocain, mais il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Cette opération est un avertissement : toute intervention hostile suscitera de notre part une riposte immédiate. »

Issu d’une tribu sahraouie, originaire de Mauritanie, membre du Polisario depuis 1979 et formé militairement en Libye et en Algérie, Addah Al-Bendir, 60 ans, a fait les frais de cette résolution.

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