Politique

Présidentielle au Bénin : « Il est légitime d’espérer que Patrice Talon soit élu au premier tour »

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Mis à jour le 08 avril 2021 à 15h31
Patrice Talon, lors d’un meeting pour la campagne présidentielle à Grand-Popo, le 31 mars 2021.

Patrice Talon, lors d'un meeting pour la campagne présidentielle à Grand-Popo, le 31 mars 2021. © DR / Equipe de campagne Patrice Talon

Manifestations, opposants écartés de la course ou poursuivis en justice… Le climat s’est tendu à quelques jours du premier tour de la présidentielle. Le porte-parole de Patrice Talon, Wilfried Léandre Houngbedji, répond point par point à ceux qu’il accuse d’être des « vendeurs de haine ».

C’est depuis son domicile et en petite forme que Wilfried Léandre Houngbedji apparaît sur l’écran d’ordinateur par l’entremise duquel il a accepté de se prêter au jeu d’un entretien par visioconférence. Testé positif au Covid-19 en fin de semaine dernière, le directeur de communication de la présidence béninoise n’a, malgré les maux de tête et les courbatures, rien perdu de sa verve.

La plume alerte que cet ancien journaliste trempait dans le vitriol à l’époque de Thomas Boni Yayi est, depuis 2016, au service de son successeur, Patrice Talon. Il est aussi, aux côtés du ministre Alain Orounla, l’un des deux porte-parole du président-candidat en campagne.

Tandis que celui que les ministres appellent « le patron » et Mariam Chabi Talata, sa colistière, multiplient les meetings, ensemble sur scène ou chacun sur une estrade à l’un des quatre coins du pays, Houngbedji « gère le back office ». Organisation des rencontres, mobilisation des troupes sur le terrain, conception des éléments de langage pour les affidés du chef de l’État sortant… Même en « distanciel », le communicant est sur tous les fronts.

Et dans la dernière semaine avant le premier tour d’une présidentielle dont les partisans de Talon espèrent le voir sortir vainqueur par « coup K.O. », face à Corentin Kohoué et Alassane « Djimba » Soumanou, dès le soir du dimanche 11 avril, les fronts ne manquent pas. Les candidats recalés, au premier rang desquels le constitutionnaliste Joël Aïvo, continuent de battre campagne et d’exiger un report du scrutin.

Le 5 avril, un magistrat de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Essowé Batamoussi, a affirmé sur RFI que le placement en détention provisoire de Reckya Madougou, candidate – recalée – des Démocrates, le parti de Thomas Boni Yayi, était le fruit « d’instructions » données par la chancellerie.

« Ce n’est ni plus ni moins que de la manipulation politique, a répondu le ministre de la Justice, Séverin Quenum, contacté par Jeune Afrique. Ces déclarations sont celles d’une nouvelle recrue dans l’entreprise de déstabilisation du pays. » Le soir même, plusieurs opposants en exil ont lancé un appel à manifester contre Patrice Talon. Les regroupements « pacifiques » ont tourné à l’émeute dans certaines villes, en particulier à Parakou et Tchaourou.

Pour définir la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui Patrice Talon, Wilfried Léandre Houndbedji convoque la « loi de Jante », du nom de l’auteur danois qui lui donna naissance dans les années 1930. Le président, « toléré » dans le cénacle politique tant qu’il était un homme d’affaires prompt à financer tel ou tel, aurait commis le « crime » d’avoir ses propres ambitions, d’avoir pris le pouvoir et d’avoir un « bilan remarquable ». Entretien avec l’un des plus fidèles du chef de l’État qui, en plus de porter sa parole, est aussi de ceux, rares, qui ont son oreille.

Jeune Afrique : Des manifestations ont éclaté, le 5 avril au soir, à la suite d’un appel lancé par plusieurs opposants en exil lors d’un meeting virtuel. Cette montée des tensions à la veille de la présidentielle n’est-elle pas inquiétante ?

Wilfried Léandre Houngbedji : Ceux qui vendent la violence et la haine au lieu d’éduquer les populations se mettent du mauvais côté de l’Histoire. Tout cela est symptomatique d’une chose : depuis 2016, des gens qui ont perdu le pouvoir ont du mal à l’accepter. Ils font croire que le Bénin est devenu un enfer. Pendant dix ans, les Béninois ont pourtant pu observer leur gouvernance, et ils observent depuis cinq ans ce qui est en train de changer dans le pays. Vendre la haine, instrumentaliser les populations, les opposer les unes aux autres, ce n’est pas un projet de société !

Craignez-vous que les violences qui ont eu lieu notamment à Parakou et à Tchaourou, ne s’étendent ?

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