Politique

Nouveau gouvernement en Côte d’Ivoire : une équipe resserrée et rajeunie

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Mis à jour le 06 avril 2021 à 17h44
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Patrick Achi (au centre, lors du conseil des ministres du 24 mars 2021), est composé de 41 membres.

Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Patrick Achi (au centre, lors du conseil des ministres du 24 mars 2021), est composé de 41 membres. © DR / Présidence CI

La composition du gouvernement dirigé par le Premier ministre Patrick Achi, dévoilée ce mardi, montre qu’Alassane Ouattara a choisi de jouer la carte de la continuité.

Des changements, mais pas aussi importants que beaucoup l’attendaient. Pour le premier gouvernement de son troisième mandat, dévoilé ce mardi 6 avril, Alassane Ouattara a procédé à un réaménagement par petites touches. Certes, sa nouvelle équipe est, comme annoncé, plus jeune et plus restreinte : pas de ministre de plus de 68 ans et un gouvernement de 41 membres, contre 47 dans le précédent.

Camara et Adjoumani promus

De nombreux ministres déjà en place restent dans ce nouveau gouvernement dirigé par Patrick Achi. Deux ont été promus ministres d’État : Kandia Camara, nommée aux Affaires étrangères et nouvelle numéro deux du gouvernement, et Kobenan Kouassi Adjoumani, qui conserve son portefeuille de l’Agriculture et du développement rural.

Tené Birahima Ouattara, le frère cadet d’Alassane Ouattara, est lui aussi promu ministre d’État. Nommé ministre de la Défense par intérim pour remplacer Hamed Bakayoko, décédé le 10 mars, il est confirmé à la tête de ce ministère sensible et stratégique.

Plusieurs ministres conservent leurs fonctions. C’est le cas de Sansan Kambilé à la Justice, du général Vagondo Diomandé à l’Intérieur, d’Alain Richard Donwahi aux Eaux et forêts, de Nialé Kaba au Plan et au développement, d’Amadou Koné aux Transports, de Moussa Sanogo au Budget, de Mamadou Touré à la Promotion de la jeunesse…

Quant à la règle implicite fixée avant les législatives du 6 mars, qui voulait que les ministres non élus dans leurs circonscriptions soient pas reconduits dans le nouveau gouvernement, elle n’a finalement pas été respectée. Sidi Tiémoko Touré, battu à Béoumi, a ainsi été nommé ministre des Ressources animales et halieutiques.

Siandou Fofana, défait à Port Bouët, garde pour sa part son portefeuille du Tourisme et des loisirs. Enfin, Gilbert Koné Kafana, un temps pressenti pour présider l’Assemblée nationale avant d’être battu à Yopougon, est nommé ministre auprès du Président de la république en charge des relations avec les institutions.

Parmi les 18 ministres sortants se trouvent quelques figures de l’ancien gouvernement. Ally Coulibaly, ancien ministre des Affaires étrangères, Sidiki Konaté, ex-ministre de l’Artisanat, ou encore Raymonde Goudou Coffie, en charge de la Culture, n’ont pas été reconduits. Eugène Aka Aouélé, ancien ministre de la Santé, a lui été désigné président du Conseil économique social environnemental et culturel (Cesec).

Aucun opposant d’envergure

Après sa réélection en octobre, à l’issue d’une présidentielle marquée par le boycott actif de l’opposition et des violences qui ont fait plus de 80 morts, Alassane Ouattara avait laissé entendre qu’il pourrait « ouvrir » son gouvernement en mesure d’apaisement.

Si la relance du dialogue politique a permis la tenue d’élections législatives inclusives le 6 mars, aucun opposant d’envergure ne fait finalement son entrée dans cette nouvelle équipe gouvernementale. Seul Kouadio Konan Bertin, dissident du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et seul candidat à s’être présenté face à Ouattara à la dernière présidentielle, est maintenu à son poste de ministre de la Réconciliation nationale.

Parmi les 13 nouveaux ministres figurent quelques personnalités connues des Ivoiriens. Pierre Dimba, l’ancien directeur général de l’Ageroute, est nommé ministre de la Santé, et Thomas Camara, l’ex-patron de la Société ivoirienne de raffinage (SIR), ministre des Mines, du pétrole et de l’Énergie. Amadou Coulibaly, cousin de l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et jusqu’à présent patron des services de renseignement extérieurs, a lui été désigné ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

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