Politique

Projet d’attentat à Béziers : les renseignements marocains à l’origine du démantèlement de la cellule terroriste

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Mis à jour le 06 avril 2021 à 18h02
Abdellatif Hammouchi est à la tête de la DGST et de la DGSN.

Abdellatif Hammouchi est à la tête de la DGST et de la DGSN. © FADEL SENNA / AFP

La DGST marocaine a fourni aux services de sécurité français l’information qui a permis d’arrêter 4 femmes projetant de commettre un attentat dans une église du sud de la France le jour de Pâques.

Dans la nuit du samedi au dimanche, vers 1h30 du matin à Béziers, quatre femmes d’une même famille française d’origine marocaine ont été interpellées, dont une soupçonnée d’avoir voulu commettre des actes violents : âgée de 18 ans, cette islamiste qui s’est radicalisée au cours des derniers mois, au point de se rapprocher de Daech (des documents à l’effigie de l’État islamique ont été retrouvés à son domicile), projetait de s’attaquer à des églises du sud de la France le jour de Pâques, à l’aide d’engins explosifs artisanaux qu’elle a elle-même confectionné (à base de bouteilles scotchées et de billes). Un sabre et plusieurs matières suspectes ont également été retrouvés au domicile monoparental de cette jeune femme.

Selon nos sources, les éléments de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont intervenus avec l’assistance du RAID à la suite d’informations communiquées le 1er avril par la Direction générale de surveillance du territoire (DGST) marocaine.

Des données hautement opérationnelles, répertoriées dans un dossier nommé par les sécuritaires marocains « l’affaire Leila » (du prénom de la principale mise en cause) et qui ont permis l’avortement des projets terroristes de cette cellule qui agissait de concert avec des cadres de Daech.

Une aide précieuse des services de Hammouchi

En plus des renseignements communiqués, le patron de la DGST marocaine, Abdellatif Hammouchi, a également suivi de près le démantèlement de la cellule en liaison avec le DG de la DGSI, Nicolas Lerner.

Des informations décisives et une aide précieuse de Rabat que les sécuritaires et les médias de l’Hexagone n’ont pas mentionné jusque-là.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que la Direction générale de surveillance du territoire (DGST) est à l’origine de démantèlement de cellules terroristes, aussi bien en France que dans d’autres pays en Europe ou ailleurs. Récemment, son action a même été saluée par le FBI et la CIA pour leur important « soutien dans la neutralisation du risque terroriste » par la fourniture d’informations clés.

Des informations décisives fournies par Rabat, mais que les sécuritaires et les médias de l’Hexagone n’ont pas mentionné jusque-là

« La CIA à Washington s’est dit reconnaissante du leadership et du haut niveau de professionnalisme de la DGST, dans le cadre de efforts sécuritaires communs, y compris ceux déployés en matière de lutte contre le terrorisme et les groupes extrémistes », rapporte à ce sujet un communiqué de la DGST publié en février 2021.

« L’affaire Leila » est pour l’instant entre les mains du parquet national antiterroriste français (Pnat), qui a ouvert une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste ».

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