Politique

Tunisie-Affaire Nabil Karoui : quand Salwa Smaoui dénonce « un dossier monté de toutes pièces »

Réservé aux abonnés | | Par - à Tunis
Mis à jour le 02 avril 2021 à 16h44
Nabil Karoui et son épouse lors de la campagne présidentielle, le 13 octobre 2019 à Tunis.

Nabil Karoui et son épouse lors de la campagne présidentielle, le 13 octobre 2019 à Tunis. © Nicolas Fauqué

L’épouse de Nabil Karoui sort de son silence et dénonce une machination politique contre l’ex-candidat à la présidentielle et chef du parti Qalb Tounes, accusé de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Entretien exclusif.

Très discrète, Salwa Smaoui a fait son baptême du feu médiatique lors de la course à la présidentielle de 2019 où elle avait fait campagne aux côtés de son époux, le candidat Nabil Karoui, qui avait été incarcéré à quelques semaines du scrutin puis libéré trois jours avant, le 9 octobre. Il fait l’objet d’une plainte pour blanchiment d’argent et évasion fiscale déposée par l’association tunisienne anticorruption « I Watch ».

L’ONG, qui se donne pour mission de lutte contre la corruption et de préserver les acquis de la révolution, avait étayé ses accusations dans un rapport intitulé « ‪Nessma Network : ce que cache la chaîne des frères Karoui ». Le document concluait à l’existence de montages financiers entre les différentes filiales de Nessma TV, chaîne-propriété des frères Karoui dont le siège est situé au Luxembourg. Passée sous silence durant trois ans, l’affaire a été relancée en 2019  par une lettre anonyme. En juillet 2019, le juge d’instruction du pôle financier avait signifié à Nabil Karoui ainsi qu’à son frère Ghazi, le gel de leurs avoirs, accompagné d’une interdiction de sortie du territoire. L’intéressé avait contesté les accusations en assurant que ses sociétés étaient sous contrôle fiscal depuis 2016.

Dans cet imbroglio juridique devenu politique, Nabil Karoui peut compter sur le soutien indéfectible de son épouse. A sa première incarcération, la native de Gafsa (Sud) avait alors pris le relais sans complexe en se faisant la porte-voix de son candidat de mari. Dix-huit mois plus tard, Nabil Karoui, président de Qalb Tounes, deuxième parti à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), est de nouveau en détention préventive et Salwa Smaoui repart au combat après que la chambre d’accusation du pôle économique a annulé, début mars, une libération provisoire sous caution de son mari. En exclusivité pour Jeune Afrique, elle sort de son silence et expose les paradoxes de « l’affaire Karoui ».

Jeune Afrique : Nabil Karoui est incarcéré depuis plus de 90 jours. Comment va-t-il ?

Salwa Smaoui : Comment peut-on aller quand on a le sentiment d’être victime d’une décision arbitraire et que l’on est privé de sa liberté et de sa famille ? Nabil, qui croit en la justice de son pays, ne baisse pas les bras et est déterminé à prouver que ce qu’on lui reproche n’est pas fondé. Je n’ai le droit qu’à une visite par semaine, tous les mercredis. Un temps court que je partage avec sa mère et notre fille ou sa sœur la plupart du temps.

Il se veut rassurant, ne nous montre aucune faiblesse mais nous percevons dans son regard sa colère face à l’injustice

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