Politique

Unesco : le Tunisien Tawfik Jelassi remplace Moez Chakchouk comme sous-directeur général

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 02 avril 2021 à 11h42
Né à Monastir, Tawfik Jelassi, 63 ans, a passé plus de trente ans à enseigner dans de grandes écoles.

Né à Monastir, Tawfik Jelassi, 63 ans, a passé plus de trente ans à enseigner dans de grandes écoles. © Hichem

Cet ancien ministre succède à l’un de ses compatriotes au moment où l’Unesco débat de la représentativité géographique de ses cadres.

Le poste de sous-directeur général pour la communication et l’information était vacant depuis que Moez Chakchouk avait été nommé ministre du Transport et de la Logistique en Tunisie en août 2020 par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi. Selon nos informations, la nomination de Tawfik Jelassi devrait être annoncée début avril au conseil exécutif par la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay.

Représentativité géographique

Né à Monastir, Jelassi, 63 ans, a passé plus de trente ans à enseigner dans de grandes écoles en France (en tant que chef de département à l’Institut européen d’administration des affaires de Fontainebleau ou que doyen des programmes MBA aux Ponts et Chaussées), en Espagne (il a été doyen de l’École euro-arabe de management de Grenade), à Shanghai, Casablanca, New Delhi… Il enseigne actuellement à l’IMD business school de Lausanne.

Il a par ailleurs été ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des TIC – ce qui devrait servir les objectifs d’innovation et de transformation numérique de l’éducation au sein de l’Unesco – dans le gouvernement dit des technocrates de Mehdi Jomaa, entre janvier 2014 et février 2015. Cet ancien président du conseil d’administration de Tunisiana a aussi officié, en tant qu’administrateur également, au sein de la Banque nationale agricole (BNA) et de la compagnie d’assurances Lloyd’s, qu’il avait rejointe en 2015.

Pas d’appui officiel

Tawfik Jelassi devrait être, parmi les sept autres directeurs généraux, le seul représentant de la région Maghreb et Moyen-Orient, ce qui a joué en sa faveur. Par ailleurs, il n’a pas bénéficié d’un appui officiel du ministère des Affaires étrangères tunisien et aurait été approché par un chasseur de têtes, qui l’aurait encouragé à se présenter.

Ayant proposé sa candidature en tant que Tunisien exclusivement, il n’aurait en outre pas bénéficié de sa binationalité française dans le processus de sélection, malgré l’a priori positif dont bénéficieraient les ressortissants de l’Hexagone. La représentativité géographique de ses cadres crée en effet le débat au sein de l’Unesco.

La Tunisie fait, depuis plusieurs années, partie des pays officiellement étiquetés comme « surreprésentés » au sein de l’organisation, au même titre que la France, le Maroc, ainsi que plusieurs pays du continent (l’Afrique du Sud, le Bénin, le Cameroun, l’Éthiopie, la Gambie et le Sénégal) ou encore le Liban pour la zone Moyen-Orient. Or certains de ces pays se défendent en faisant valoir que leurs ressortissants ont en fait été choisis pour leur double nationalité française et seraient donc en réalité sous-représentés.

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