Politique

Sénégal : ce que Didier Raoult est venu faire à Dakar

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Mis à jour le 01 avril 2021 à 17h28
Le professeur Didier Raoult en conférence de presse à l’IRESSEF à Dakar, le 31 mars 2021.

Le professeur Didier Raoult en conférence de presse à l’IRESSEF à Dakar, le 31 mars 2021. © Sylvain Cherkaoui

Prélèvements sur les singes verts, transmission d’une technique de test PCR permettant de détecter le variant anglais… Le controversé médecin français a effectué une visite de cinq jours au Sénégal.

Le célèbre professeur infectiologue français est arrivé le 26 mars à Dakar, en compagnie de son collaborateur Cheikh Sokhna, un épidémiologiste et biologiste sénégalais, chef d’équipe à l’IHU Méditerranée Infection, à Marseille.

Les deux hommes se sont ensuite rendus à la réserve naturelle de Bandia, située à une soixantaine de kilomètres de la capitale, pour y effectuer des prélèvements sur les singes verts de la réserve. Ils étaient accompagnés du lieutenant-colonel Marius Niaga, chef du bureau de surveillance épidémiologique à la direction des parcs nationaux.

Test PCR spécifique

Depuis 2016, Didier Raoult et Cheikh Sokhna travaillent ensemble sur les primates non humains pour évaluer la circulation des pathogènes. Des échantillons ont été analysés à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), où ce dernier est également directeur de recherche. La mission a été réalisée en relation avec les directions des parcs nationaux, et des eaux et forêts.

Le 30 mars, Raoult a été fait commandeur de l’Ordre national du lion par Macky Sall. Au cours de cet entretien au Palais présidentiel, facilité par Cheikh Sokhna et le consul général du Sénégal à Marseille, Abdourahmane Koita, le président et les professeurs ont abordé le sujet de la formation des jeunes scientifiques et du transfert de technologie. Ceux-ci ont également plaidé pour la création d’une école en bio-informatique au Sénégal.

Plus tôt le matin, ils avaient également pu rencontrer le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr et Marie Khémesse Ngom Ndiaye, la directrice générale de la santé publique, pour leur présenter la feuille de route de leur mission. Didier Raoult en a profité pour féliciter le conseil scientifique sénégalais, qui a permis des décisions politiques « beaucoup plus lucides et plus raisonnables que celles qui ont été prises en France ». Il avait lui-même quitté l’instance chargée de conseiller le président français le 24 mars 2020, en raison de désaccords avec ses pairs.

Didier Raoult, qui ne s’était pas rendu au Sénégal depuis le début de la pandémie de Covid-19, a l’habitude de voyager à Dakar pour y rencontrer ses partenaires de l’IRD et de l’Iressef, l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation. L’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille du professeur français travaille main dans la main avec les deux structures sénégalaises pour identifier les variants mutants et leurs sources sur le Covid-19.

Ils organisent notamment des échanges d’étudiants – beaucoup de jeunes africains sont formés à l’IHU de Marseille – de technologies et de techniques. Au cours de ces visites, Raoult a ainsi pu transmettre à ses partenaires une technique de test PCR spécifique, qui permet de détecter le variant anglais et une technique de séquençage plus sophistiquée – les minION – qui doit permettre un séquençage de génome beaucoup plus rapide.

Au cours de sa visite, Didier Raoult logeait à l’hôtel du Lagon, à deux pas de l’Anse Bernard où il a passé son enfance.

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