Banque de développement

BOAD : Serge Ekué s’attelle au doublement du capital et à l’ouverture au privé

Réservé aux abonnés | | Par - à Lomé
Mis à jour le 01 avril 2021 à 13h41
Serge Ekué, président de la BOAD

Serge Ekué, président de la BOAD © © Cyril Bailleul/BOAD

D’ici à 2022, le patron de l’institution ouest-africaine souhaite solliciter les partenaires traditionnels de la banque – États membres et institutions multilatérales notamment – mais aussi des investisseurs, à l’image des fonds de pension.

Au terme de ses six premiers mois à la tête de l’institution ouest-africaine basée à Lomé, Serge Ekué a annoncé, ce 31 mars, son intention de quasiment doubler le capital de la banque, qui doit passer « progressivement » de 876 à 1 626 milliards F CFA (de 1,34 à 2,48 milliards d’euros) d’ici à la mi-2022.

Un objectif qu’il défendra au début du mois de juillet prochain devant le conseil des ministres de l’Union économique des États de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) composée des huit États membres et principaux actionnaires de la banque à 94 % , logés dans la catégorie A, dont il devra sonder les intentions de souscription.

En parallèle, il poursuivra les discussions avec les actionnaires de catégorie B, comme la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la KfW, la France, la Belgique et la Chine…,  dont la participation en tant qu’actionnaires se justifie par leur « bonne notation et l’impact de leur signature », explique le président de l’institution, selon lequel les discussions sont « avancées » auprès des investisseurs de la catégorie A et les « les premières indications sont positives, mais les négociations doivent encore se poursuivre » au sein de la deuxième catégorie.

Nouvelle catégorie d’actionnaires

« Nous avons cette particularité à la BOAD que nos actionnaires de la catégorie A sont également nos clients. Et nous devons renforcer à la fois leur présence au sein de notre capital mais aussi celle de nos actionnaires de série B, parce qu’ils sont mieux notés que nous », a précisé Serge Ekué.

Mais ce dernier, connaissant la force du secteur privé dont il est issu (il est passé par Natixis et BPCE avant de rejoindre la BOAD), a également décidé de créer une  troisième catégorie – la C – dans laquelle  il attend attirer des investisseurs, notamment des fonds de pension ou d’assurance vie.

Cette augmentation de capital, précise Serge Ekué, est nécessaire pour permettre « la levée de plus de dette à mettre à la disposition des États, du secteur privé, des PME PMI », pour financer les projets du Plan baptisé Djoliba 2021-2025.

245 000 emplois espérés

En effet, rappelle-t-on dans l’entourage de Serge Ekué, la banque n’a pu retenir « que » 750 millions d’euros sur les 4,4 milliards souscrits lors de son dernier emprunt vert, qui s’est soldé par un franc succès, car ses statuts l’astreignent  à ce que sa dette ne dépasse pas 75 % de son capital. « Si  toutes les souscriptions avaient été acceptées, la dette aurait représenté 140 % du capital de l’institution », nous glisse-t-on.

Sur les 3 300 milliards de F CFA programmés pour le Plan Djoliba – en hausse de 50 % par rapport au plan précédent 2015-2019, « au moins le quart doit servir à soutenir le développement du secteur privé », a précisé Serge Ekué.

De quoi créer 245 000 emplois dont 17 000 dans l’ensemble du tissu économique à travers les lignes de crédit accordées aux banques et institutions de finance inclusive, précisent les services de la banque qui mentionnent également le financement de 13 000 km de routes et  des projets visant à éviter l’émission de 18 millions de tCO2.

Les secteurs prioritaires seront l’agriculture et la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, les infrastructures de base, la santé, l’éducation et l’habitat social. Autant de dossiers arrimés aux cinq axes du document quinquennal que sont le renforcement de l’intégration régionale ; la contribution à la création de valeur et la d’emplois productifs ; le renforcement de la résilience au changement climatique ; l’augmentation des capacités de financement et le renforcement des ressources humaines et des systèmes de gestion.

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