Santé

[Chronique] Covid-19 : un nouveau variant belge d’origine congolaise ?

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Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez

© Damien Glez

Peut-on sérieusement attribuer une nationalité aux nouveaux variants du coronavirus ? La toute nouvelle souche détectée en Belgique aurait en réalité déjà été identifiée en RDC il y a trois mois…

Plus d’un an après le début de la pandémie, traquer la genèse du coronavirus reste un enjeu majeur, en témoigne la récente étude conjointe des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la République populaire de Chine.

De même, l’apparition de mutations inédites du virus – britannique, sud-africaine ou encore brésilienne – fait l’objet de toutes les attentions. Et qui dit venue au monde d’une nouvelle version dit baptême. Un baptême qui, comme dans l’attribution de prénoms aux tempêtes tropicales, ne peut pas faire que des heureux…

Des noms « offensants »

En février dernier, des scientifiques du Kwazulu-Natal jugeaient ainsi « offensante » la dénomination « variant sud-africain ». Certes, la référence au lieu de découverte se veut un hommage à la perspicacité des chercheurs. Mais elle sous-entend, aux oreilles du grand public, que ledit variant pourrait être né dans le pays évoqué, laissant toute latitude aux complotistes pour imaginer, au mieux, des négligences médicales et, au pire, des dérapages d’apprentis-sorciers.

La forme de Covid-19 récemment apparue dans la région de Liège n’échappe pas au jeu des étiquettes vexatoires. «Variant belge» : l’expression s’est imposée d’elle-même lorsque le chercheur Keith Durkin, spécialiste en génétique médicale à l’hôpital de Liège, a été présenté comme le premier à avoir identifié cette nouvelle version de coronavirus, dans le cadre d’un programme de surveillance génomique.

Déjà vu en RDC et à Brazza ?

En réalité, le nom de code de cette nouvelle mutation est « B.1.214 ». Et le variant aurait été identifié dès le mois d’avril 2020 sur le continent africain, soit trois mois avant sa découverte en Belgique.

Le journal français Le Figaro affirme que cette souche inédite a été observée pour la première fois en RDC, avant qu’elle ne touche la banlieue de Brazzaville, au Congo. Ce n’est qu’ensuite que des voyageurs l’auraient exporté en Belgique, puis dans au moins 17 pays d’Europe, dont la Suisse, le Danemark et la France. L’information serait confirmée par la base de données de renommée mondiale Gisaid (Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data), qui recense déjà près de 850 000 séquences génétiques du seul Sars-Cov-2.

Ce variant « congolais » – donc – n’aurait échappé à sa dénomination logique que suite à un retard de transmission de certaines données de l’ancienne colonie belge. Pour autant, mettre la RDC à l’index pour ce rebondissement épidémiologique serait d’autant plus stérile que cette nouvelle forme du Covid-19 semble, pour l’instant, relativement inoffensive, comparée aux variants anglais, sud-africain ou brésilien, qui se sont révélés particulièrement contagieux et propices à des symptômes singulièrement sévères. L’honneur congolais est sauf !

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