Sécurité

Jihadisme au Mozambique : la montée en puissance d’Al-Shabab

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Mis à jour le 20 mai 2021 à 17h53
Le groupe jihadiste Al-Shabab, affilé à l’État islamique, a pris d’assaut le ville de Palma le 24 mars 2021.

Le groupe jihadiste Al-Shabab, affilé à l'État islamique, a pris d'assaut le ville de Palma le 24 mars 2021. © Photomontage : JA / Photo : AMAQ/AP/SIPA

La prise du port stratégique de Palma par des jihadistes affiliés à l’État islamique marque un tournant sans précédent en Afrique australe. Retour en infographies sur les origines du conflit.

Malgré l’appui de mercenaires russes et sud-africains, l’armée mozambicaine semble impuissante et incapable de contenir la progression des jihadistes d’Al-Shabab, le groupe affilié à l’État islamique qui a pris le 24 mars le très stratégique port de Palma, situé dans le nord-est du Mozambique, dans la province du Cabo Delgado, à proximité de la Tanzanie.

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Cette dernière et spectaculaire offensive a brutalement mis en lumière le mode opératoire ultra-violent de ce groupe envers les civils, et a donné un écho aux appels à l’aide internationale que lance Maputo, confrontée à la montée en puissance de ces jihadistes depuis bientôt quatre ans. Lisbonne a ainsi promis d’envoyer des soldats pour former les troupes locales, Washington s’est dit « déterminé » à coopérer avec le gouvernement et l’Union africaine (UA) a appelé, le 1er avril, à « une action régionale et internationale urgente ».

Aux origines du groupe jihadiste

Al-Shabab – « les jeunes », en arabe – émerge vers 2007 dans le Cabo Delgado, province à majorité musulmane. Ce réseau de jeunes prédicateurs et d’étudiants salafistes, né d’une scission au sein du Conseil islamique du Mozambique (Cislamo), organisation reconnue par le gouvernement, s’oppose à l’islam soufi local. S’inspirant notamment des thèses rigoristes du Kényan Aboud Rogo, tué en 2012 à Mombasa, ils créent des écoles coraniques et construisent des mosquées. Ils assoient peu à peu leur emprise sur le terrain, en s’appuyant sur le sentiment d’exclusion ethnique, économique et politique qui prévaut dans cette région défavorisée.

Le groupe entend faire appliquer la charia sur les zones qu’il contrôle. Les affrontements avec les services de sécurité mozambicains se multiplient et les insurgés se militarisent. Le 5 octobre 2017, Al-Shabab lance sa première offensive, en attaquant des postes de police de la ville côtière de Mocímboa da Praia. C’est le début d’un cycle de violences qui n’a cessé de s’accentuer depuis.

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Gisement d’hydrocarbure

Si le Cabo Delgado est l’une des régions les plus pauvres du pays, son sol est riche. La découverte, dans les années de 2000, de gigantesques gisements d’hydrocarbures a attiré les capitaux étrangers, à l’image de l’américain Exxon Mobil, via Rovuma LNG, ou du français Total, qui a investi 23 milliards de dollars dans son projet de gaz liquéfié, en 2019.

En décembre 2020, l’intensification des attaques jihadistes contraint cependant le groupe français à interrompre les travaux commencés dans la péninsule d’Afungi, à 10 km de Palma. Le 24 mars dernier, Total avait obtenu de Maputo des garanties quant à la sécurisation du site, et décidé de relancer son activité. Hasard du calendrier ? Quelques heures plus tard, Al-Shabab lance son assaut sur Palma.

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