Politique

Du parti communiste à la lutte contre la drépanocytose, Robert Hue fidèle à la « solidarité mondiale »

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Mis à jour le 31 mars 2021 à 09h09
L’ex-sénateur français et ancien chef du parti de gauche Mouvement unitaire progressiste (MUP) Robert Hue pose lors d’une séance photo à Paris, le 22 mars 2017.

L'ex-sénateur français et ancien chef du parti de gauche Mouvement unitaire progressiste (MUP) Robert Hue pose lors d'une séance photo à Paris, le 22 mars 2017. © French senator and head of the French Mouvement unitaire progressiste (MUP) left-wing party Robert Hue poses during a photo session in Paris on March 22, 2017. © JOEL SAGET/AFP

Ancien dirigeant du Parti communiste français, ex-parlementaire et deux fois candidat à l’élection présidentielle, Robert Hue co-dirige depuis 2018 une ONG dédiée à la lutte contre la drépanocytose. Il explique le sens et la logique de cette nouvelle forme d’engagement qui fait le pont entre l’Europe et l’Afrique.

Le livre qu’il vient de consacrer à la drépanocytose* et aux moyens à mettre en œuvre pour freiner son développement et soulager ceux qui en souffrent, Robert Hue veut lui « donner la détermination d’un manifeste ». Le combat contre cette affection, la première maladie génétique au monde en nombre de victimes, il le décrit comme « un combat pour la vie, pas seulement dans la promesse des lendemains qui chantent. »

On l’aura compris : inutile de chercher à faire des clins d’œil au parcours politique de l’ancien dirigeant du Parti communiste français : il s’en charge fort bien lui-même. Ce parti auquel il a adhéré à 16 ans et au nom duquel il a exercé une multitude de mandats électoraux, il l’a quitté en 2008. Soutien du socialiste François Hollande en 2012, il s’est rallié à Emmanuel Macron en 2017, d’abord, dit-il, parce qu’il fallait faire front contre l’extrême-droite.

En 2017, son mandat de sénateur s’est terminé et il a tourné la page de la « politique active ». Mais pas de l’engagement militant, puisque dès l’année suivante, il a fondé, avec des médecins et des chercheurs africains et européens, Drep.Afrique, une organisation non gouvernementale qui veut sortir de l’ombre la drépanocytose et les malades, former les soignants et mobiliser le monde de la recherche et les laboratoires pharmaceutiques.

Jeune Afrique : Vous ne cessez de le répéter, la drépanocytose n’est pas une maladie spécifiquement africaine et ne touche pas que les populations noires. Néanmoins, 80 % des malades sont en Afrique et 12 pays du continent ont un taux de prévalence qui atteint ou dépasse les 10 % de leur population. Qu’est-ce qui vous a amené, en tant que responsable politique français, à vous mobiliser sur ce sujet ?

Robert Hue : La première raison tient à mon parcours professionnel. Je suis infirmier hospitalier, un soignant. J’aurais aimé être médecin mais mes parents étaient ouvriers, il y avait une barrière de classe.

La deuxième, c’est mon rapport à l’Afrique. Je viens d’une famille de résistants communistes et mes premiers pas de militant, je les ai faits dans le contexte de la décolonisation. L’Algérie bien sûr, mais nous avons aussi été très marqués par la liquidation de Lumumba. Plus tard, la lutte contre l’apartheid m’a conduit à avoir l’honneur de rencontrer plusieurs fois Nelson Mandela.

C’est aussi une maladie mystérieuse, entachée de nombreux préjugés même en Afrique

Et puis il y a une troisième raison plus intime et plus douloureuse : lorsque j’étais jeune, j’ai perdu une nièce de 12 ans, à qui ce livre est dédié, qui souffrait de mucoviscidose. D’où mon rapport à la maladie génétique.

Mais pourquoi spécifiquement la drépanocytose ?

Il y a mon expérience de l’Afrique, bien sûr, mais aussi le fait que les leaders des luttes pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960, et d’abord Martin Luther King, en avaient fait un combat prioritaire pour l’égalité.

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