Politique

L’Algérie face à la hantise d’une pénurie d’eau

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Mis à jour le 29 mars 2021 à 17h08
Une station de traitement d’eau potable de Boudouaou (Alger).

Une station de traitement d'eau potable de Boudouaou (Alger). © Krista BOGGS/SUEZ ENVIRONNEMENT

Les pluies ayant été exceptionnellement rares cette année, l’Algérie voit l’été arriver avec la hantise d’une pénurie d’eau à l’échelle nationale. Explications.

« De ma vie je ne me souviens avoir connu un hiver aussi sec et aussi doux. Dans le temps, il nous arrivait d’être bloqués par la neige pendant 15 jours sans pouvoir sortir de la maison », affirme Dda Hmed, solide montagnard de 85 ans issu d’un village du Djurdjura en Kabylie. Comme lui, les vieux paysans des alentours ont beau fouiner dans leur mémoire, ils ne trouvent rien de semblable à ces étouffants vents de sable qui remontent du sud et qui font rougeoyer le ciel des jours durant.

Un ciel avare de pluies et des hivers de plus en plus tempérés dans la région ont une conséquence directe : les barrages et retenues du centre et de l’ouest du pays sont à un niveau alarmant et une vingtaine de wilayas sont d’ores et déjà en état de stress hydrique. L’Algérie est à l’orée dune crise de l’eau inédite dans son histoire. « Nous cumulons les déficits en matière de pluviométrie. Les deux dernières années hydrologiques ont été toutes deux déficitaire de 30 % », révèle Malek Abdesselam, docteur en hydrogéologie qui tient un relevé rigoureux et quotidien des précipitations à l’échelle nationale.

Selon l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), en moyenne nationale, le taux de remplissage des barrages est de 44 % seulement alors que la période hivernale touche à sa fin. Les 80 barrages actuellement en exploitation fournissent 7,7 milliards de m³ à l’ensemble du pays, le potentiel national global en ressources hydriques ne dépassant pas 23,2 milliards de m³ par an.

Sécurité hydrique menacée

L’Algérie est un pays au climat semi-aride dont la majeure partie du territoire est désertique. Elle ne compte ni grands fleuves ni montagnes enneigées en grand nombre. Les besoins du pays en eau, tous secteurs confondus, ne cessent d’augmenter alors que l’offre est limitée. Toujours selon Malek Abdesselam, depuis l’indépendance du pays, si le nombre de la population a été multiplié par 4,5, la consommation d’eau l’a été par 40.

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