Politique

Congo : les dernières heures de Guy-Brice Parfait Kolélas

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 24 mars 2021 à 11h13
Guy-Brice Parfait Kolélas, leader de l’UDH-Yuki et candidat à la présidentielle du 21 mars 2021.

Guy-Brice Parfait Kolélas, leader de l'UDH-Yuki et candidat à la présidentielle du 21 mars 2021. © STEEVE RODRIC POUR JA

L’opposant congolais, 61 ans, principal adversaire de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle du 21 mars, est décédé aux premières heures du lendemain, le 22. Voici le récit des jours qui ont précédé son évacuation à Paris.

Le leader de l’Union des démocrates humanistes-Yuki (UDH-Yuki) vient d’être emporté par le Covid-19. Testé pour la première fois le 19 mars, il a été déclaré mort à l’aéroport du Bourget, près de Paris, après l’atterrissage à 1 heure 45 du matin de l’avion médicalisé qui était venu le chercher la veille à Brazzaville.

Dès le 8 mars, Guy-Brice Parfait Kolélas montrait pourtant déjà des signes de grande fatigue.

Clinique privée

Son entourage évoque alors une grippe conjuguée à une crise de paludisme, sans penser un seul instant à proposer à son chef, par ailleurs diabétique, un test de dépistage du Covid-19. Jusqu’à cet avant-dernier meeting de campagne du 18 mars à Owando, où une vidéo le montre manquant de s’effondrer sur l’estrade. Épuisé, il n’assiste pas au meeting de clôture à Brazzaville, le 19 mars.

Le résultat du test réalisé dans la foulée est sans équivoque : Guy-Brice Parfait Kolélas est malade depuis plusieurs jours, comme le montrent ses poumons, particulièrement touchés. Ses proches refusent qu’il soit admis dans l’un des deux centres spécialisés dans le traitement de ce virus établis à Brazzaville : la clinique Albert-Leyono et le CHU de la capitale. Ils leur préfèrent la clinique privée Securex, dirigée par le docteur Jean-Daniel Ovaga.

Bien qu’il ne soit pas spécialisé dans la lutte contre le Covid-19, l’établissement constate rapidement la gravité de la situation. Le patient est finalement transféré le 20 mars au CHU de Brazzaville, où il est enfin placé sous respirateur. Il y passe sa dernière nuit sur le sol congolais.

Ce même 19 mars, l’épouse de Guy-Brice Parfait Kolélas, Nathalie, saisit l’ambassade de France afin d’organiser l’évacuation à Paris de son mari, également détenteur de la nationalité française. L’ambassade dépêche son médecin, qui confirme à son tour le sérieux du diagnostic. Dans le même temps, Euloge Landry Kolélas, le frère cadet, prend les choses en main de son côté avec le ministre de l’Intérieur, Raymond-Zéphirin Mboulou.

Demande d’autopsie

Tous deux obtiennent l’accord du président Denis Sassou Nguesso pour que le gouvernement prenne le malade totalement en charge. Le 21 mars, au petit matin, arrive l’avion médicalisé en provenance de France. Il repart le soir vers 16 heures avec, à son bord, Guy-Brice Parfait Kolélas et son épouse. Les accompagnent un réanimateur français et le professeur Richard Bileckot, inspecteur général de la Santé au Congo. Ce sont ces deux hommes qui constateront plus tard le décès du patient.

Dès l’atterrissage, la police française intervient sur les lieux. Elle fouille l’avion, en récupère la boîte noire, puis interroge l’ensemble des passagers, ainsi que les membres de l’équipage.

Le parquet de Bobigny s’est rapidement saisi de l’affaire pour ordonner une autopsie à l’Institut médico-légal de Paris, comme le veut la procédure concernant le rapatriement d’un citoyen français. La famille a déjà fait savoir sa décision d’inhumer le corps en terre congolaise. Mais cela pourrait prendre plusieurs mois, en raison de l’épidémie de Covid-19.

 

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer