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Maroc : BMCE et BCP vont lancer des filiales islamiques

Le siège de BMCE Bank à Casablanca, l'une des principales banques du Maroc. DR ©

Selon Reuters, BMCE Bank et BCP, deux des trois premières banques du Maroc, se préparent à lancer des filiales islamiques alors que le parlement marocain discute d'un projet de loi réglementant la finance charia-compatible.

La finance islamique fait peu à peu son chemin au Maroc. Deux des principales banques du pays, BMCE et BCP s’apprêtent à lancer leurs filiales islamiques. Elles emboîtent ainsi le pas à Attijariwafa bank, contrôlée par le holding d’investissement royal SNI, qui a été la première banque marocaine à créer une filiale islamique au Maroc. Les annonces officielles de la part des deux banques viendront plus tard, une fois qu’un projet de loi réglementant la finance islamique sera approuvé.

Investissements du Golfe

En effet, il ne manque plus que l’approbation du Parlement avant que des établissements islamiques à part entière puissent être établis au Maroc, à la condition qu’ils soient des filiales de banques nationales ou étrangères, une mesure qui pourrait attirer davantage d’investissements en provenance du Golfe. La Banque centrale du Maroc, Bank Al-Maghrib, a également entamé des négociations avec un comité de savants islamiques sur la création d’un conseil central de la charia afin de superviser le développement de cette industrie au niveau national.

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Les deux sources citées par Reuters au sein des deux banques expliquent que les investissements initiaux dans ces nouvelles filiales seraient au minimum dans l’attente de la réaction du marché, de la réglementation et de l’intérêt des investisseurs étrangers. « Même si les analystes ne s’attendent pas vraiment à un énorme rush sur les produits islamiques après l’approbation du projet de loi, nous devons prendre part à la bataille. On ne sait jamais », a déclaré à Reuters une source bancaire de haut niveau. « Nous devons nous préparer ».

« Banques participatives »

Au Maroc, les Banques de finance islamique sont appelées « banques participatives » en vertu de la législation locale. En 2010, le royaume avait commencé à autoriser les banques classiques à offrir un ensemble limité de services financiers islamiques. Mais la dynamique s’est accélérée après qu’un gouvernement islamiste modérée a pris le pouvoir lors des élections de 2011 et que le gouvernement s’est trouvé aux prises avec un déficit budgétaire important. En effet, les obligations islamiques (sukuk) sont susceptibles d’attirer l’argent des fonds richement dotés du Golfe.

La finance islamique, qui fonctionne selon les principes de la charia tels que l’interdiction du paiement des intérêts, est un secteur en pleine croissance au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est, mais aussi dans les pays européens avec d’importantes communautés musulmanes.

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