Politique

Achille Mbembe : « Pourquoi j’ai accepté de travailler avec Emmanuel Macron »

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Mis à jour le 22 mars 2021 à 09h09
Achille Mbembe, ici à Paris, le 14 octobre 2013.

Achille Mbembe, ici à Paris, le 14 octobre 2013. © Vincent Fournier/JA

L’historien camerounais, sollicité par Emmanuel Macron pour préparer l’échange qu’il entend avoir avec la société civile lors du prochain sommet Afrique-France, en juillet, explique les raisons qui l’ont poussé à accepter cette mission.

Il n’a jamais fait mystère de son opinion plus que réservée sur les relations entre l’Afrique et la France, n’hésitant pas à critiquer sévèrement Emmanuel Macron. Pourtant, c’est bien l’historien camerounais que le président français a sollicité pour préparer l’échange « libre et sans tabou » qu’il entend avoir avec la société civile, lors du prochain sommet Afrique-France, à Montpellier.

Une mission que l’auteur de Brutalisme ne pouvait décliner. Car, dit-il, après soixante ans, nous sommes brutalement projetés dans un autre cycle de notre histoire commune. Et élaborer des propositions fortes permettant de redéfinir ces relations ankylosées, est un projet nécessaire, raisonnable et urgent. Entretien.

Jeune Afrique : Quelle est exactement la mission que vous a confiée le président Emmanuel Macron ?

Achille Mbembe : Depuis 2017, le président Emmanuel Macron a constamment affiché sa volonté de redéfinir ce qu’il appelle « les fondamentaux de la relation entre l’Afrique et la France ». Il a posé un certain nombre d’actes dont chacun est libre d’apprécier la teneur. Par exemple, il a demandé à Felwine Sarr et Bénédicte Savoy un rapport sur la restitution des objets d’art africains qui a fait date. À N’Goné Fall, il a confié la conception et la réalisation de la Saison Africa2020. Il a entrouvert la digue du franc CFA, même si beaucoup estiment que c’est au prix d’un sabotage de l’eco. Sur l’éventuelle implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, il a également fait un pas, et l’on attend la publication du rapport qu’il a commandé.

Certains diront que ce ne sont que des gestes. Ils ont peut-être raison. Sur chacune de ces questions, il reste en effet un long chemin à parcourir. Mais c’est aussi à nous de faire en sorte que ces gestes ne soient ni anodins ni sans conséquences. Pour cela, il ne faut pas se croiser les bras et attendre que la manne tombe du ciel. Maintenant, il veut mettre à profit le Nouveau Sommet Afrique-France, qui se tiendra à Montpellier les 9 et 10 juillet prochain, pour ouvrir un dossier encore plus capital. Au cours de ce sommet, il veut avoir un dialogue direct et ouvert avec les jeunes générations. Le but de ce dialogue est de questionner les fondamentaux de cette relation aux fins de la redéfinir ensemble.

Il a donc souhaité que je l’accompagne dans cette démarche et m’a demandé si j’accepterais de préparer ce dialogue en amont en pilotant un cycle de discussions qui se déroulera dans douze pays africains et dans la diaspora autour de thèmes d’intérêt commun. Je vais donc suivre ces différents débats et en préparer une restitution. Les débats seront l’occasion d’une parole qu’il veut « libre et sans tabous ». L’idée est que puissent en ressortir des propositions fortes pour bâtir l’avenir en commun.

Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?

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