Politique

Algérie : qui est le très discret général Benattou, nouveau « Monsieur défense et sécurité » de Tebboune ?

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Abdelmadjid Tebboune et Saïd Chengriha.

Abdelmadjid Tebboune et Saïd Chengriha. © Zebar

Limogé par le tandem Abdelaziz Bouteflika-Ahmed Gaïd Salah, le général-major rebondit grâce à Abdelmadjid Tebboune, qui l’a nommé le 18 mars conseiller chargé des affaires en lien avec la défense et la sécurité.

Ancien contrôleur général de l’armée, Boumediene Benattou prend la place du général-major Abdelaziz Medjahed. Ce dernier a occupé ce poste de février à septembre 2020, avant d’être installé comme directeur de l’Institut national des études et de stratégie globale (INESG).

Contrairement à Medjahed, qui est un bon client des médias, le nouveau conseiller du président Abdelmadjid Tebboune cultive plutôt la discrétion.

Proximité avec les médias

Natif de Mascara, dans l’ouest du pays, Boumediene Benattou est réputé bon connaisseur de l’Allemagne pour avoir fait ses études dans ce pays. Cet officier supérieur, qui a été élevé au grade de général-major en juillet 2012, est également titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’université d’Alger. Sa thèse portait sur les contrats d’armements et le transfert des technologies vers les pays du sud. Après avoir été mis à la retraite en 2018, il donnait d’ailleurs des cours à l’Institut des sciences politiques d’Alger.

La carrière de Benattou avait réellement démarré en septembre 2004 lorsqu’il avait été nommé par décret présidentiel à la Direction de la communication, de l’information et de l’orientation (DCIO) de l’armée. Il avait alors initié une politique d’ouverture de cette institution et animé des séminaires et des cycles de formation pour les journalistes des médias publics et privés.

Je reste convaincu qu’un travail de proximité avec les médias participe à la crédibilisation de l’image de marque de notre institution

« Je reste convaincu qu’un travail de proximité avec les médias participe au confortement et à la crédibilisation de l’image de marque de notre institution », expliquait-il en 2005 au cours d’une séance de travail avec des journalistes. Mais son passage à la DCIO a été de courte durée. Toujours en 2005, il a été nommé à la tête du Contrôle général de l’armée (CGA), une structure créée en 1981 sous la présidence de Chadli Bendjedid et restructurée en 2006 par Ahmed Gaïd Salah, alors chef d’état-major de l’armée.

Opération de nettoyage

Sa carrière a connu un coup d’arrêt à l’été 2018, dans le cadre d’une vaste opération de nettoyage menée par le tandem Abdelaziz Bouteflika-Ahmed Gaïd Salah. Le 22 août de la même année, Boumediene Benattou a été démis de ses fonctions de contrôleur général de l’armée et remplacé par l’ancien directeur central de l’intendance, le général-major Hadji Zerhouni. Patron de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA) depuis 2013, le général-major Mohamed Tirèche, dit « Lakhdar », a lui aussi été limogé.

Benattou affiche plutôt le profil d’un administratif sans lien avec un commandement opérationnel

Peu de temps avant sa mise à l’écart, Boumediene Benattou était en voyage en Mauritanie dans le cadre d’une mission de coopération avec l’armée de ce pays. Désormais chargé des affaires militaires et sécuritaires sera-t-il, comme ce fut notamment le cas de son prédécesseur, une courroie de transmission entre la présidence et l’establishment militaire ?

Les liens d’amitié entre Abdelaziz Medjahed et l’actuel chef d’état-major de l’armée Saïd Chengriha, qui a servi sous ses ordres dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans les années 1990, lui permettait de fluidifier les relations entre le Palais d’El Mouradia et les Tagarins, siège du ministère de la Défense. « Benattou affiche plutôt le profil d’un administratif sans lien avec un commandement opérationnel, ni une connexion directe avec le monde du renseignement  », avance un officier à la retraite.

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