Politique économique

Rwandair, en négociations finales avec Qatar Airways, reste « un catalyseur de l’économie rwandaise »

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Mis à jour le 18 mars 2021 à 12h19
Le ministre rwandais des Finances, Uzziel Ndagijimana, à Kigali, le 13 juin 2019.

Le ministre rwandais des Finances, Uzziel Ndagijimana, à Kigali, le 13 juin 2019. © Rwandan finance and economic planning minister Uzziel Ndagijimana carries a briefcase containing the Government Budget documents for the 2019/20 fiscal year in Kigali, Rwanda June 13, 2019. © Jean Bizimana/REUTERS

Alors que le Rwanda s’apprête à doubler – de 100 à 200 millions de dollars – son aide au secteur privé face au Covid, l’industrie touristique se taille la part du lion.

Si l’impact du Covid-19 a été ressenti dans tous les secteurs, certains ont été plus durement touchés que d’autres. Le tourisme, en particulier, a été frappé de plein fouet, explique le ministre rwandais des Finances et de la Planification économique, Uzziel Ndagijimana, dans un entretien accordé à The Africa Report/Jeune Afrique.

Or, il s’agit d’un secteur clé pour le Rwanda, dans lequel le gouvernement a massivement investi ces dernières années, finançant notamment la création du Centre des congrès de Kigali.

Aussi l’effondrement du nombre de touristes a-t-il été dur à supporter pour les opérateurs du secteur, explique le ministre, selon lequel la moitié des 100 millions de dollars injectés dans le secteur privé au cours des deux prochaines années dans le cadre de la réponse gouvernementale au Covid sera consacrée à l’aide financière aux hôtels.

Plus de 120 millions d’euros pour Rwandair

« Nous avons autorisé les banques à restructurer les prêts, à augmenter leur maturité jusqu’à quinze ans, à accorder un délai de grâce de trois ans et à réduire le taux d’intérêt », poursuit Uzziel Ndagijimana, qui évoque un très probable doublement de l’enveloppe globale, à 200 millions de dollars.

145 milliards de francs rwandais (122 millions d’euros) seront également prévus au budget 2020/2021 pour le transporteur national, RwandAir, contre 122 milliards de francs rwandais l’année précédente.

« Bien que RwandAir ne soit pas rentable, la compagnie joue un rôle de catalyseur dans notre développement », assure le ministre, évoquant non seulement l’industrie du tourisme, en plein essor, avant la pandémie, « mais aussi le commerce, l’exportation de certains produits manufacturés légers et de nos produits horticoles vers l’Europe », détaille-t-il.

« Négociations finales » avec Qatar Airways

En outre, RwandAir a été mobilisé pour l’importation de fournitures médicales stratégiques, comme des équipements de protection et des kits de test.

Uzziel Ndagijimana est également revenu sur le partenariat imminent entre RwandAir et Qatar Airways, qui devrait permettre à la compagnie aérienne de se mettre à l’abri des difficultés rencontrées par ses consœurs Kenya Airways ou South African Airways.

« Nous en sommes aux négociations finales. La compagnie sera plus forte avec ce partenaire qui lui permettra de disposer d’une flotte plus importante et de plus de ressources », a indiqué le ministre, qui déclare Uzziel, qui confirme que le gouvernement restera l’actionnaire majoritaire, mais n’a pas souhaité communiquer sur la date de signature de l’accord.

Les chefs de gouvernement du Commonwealth attendus à Kigali en juin

Qatar Air investit également dans le nouvel aéroport international de Kigali, dont le projet de construction s’est poursuivi malgré la pandémie, en partie pour pouvoir répondre aux exigences logistiques de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth qui aura lieu en juin 2021.

D’ici 2022, le nouvel aéroport devrait avoir la capacité d’accueillir sept millions de passagers par an, contre près d’un million aujourd’hui.

RwandAir, quant à elle, poursuit son expansion et est récemment devenue la première compagnie aérienne africaine à tester le passeport international IATA, destiné à convaincre les gouvernements de rouvrir les frontières.

Un rebond à 5,6 % de croissance espéré pour 2021

Outre le tourisme, l’une des priorités immédiates du ministre rwandais ses Finances est d’assurer la sécurité alimentaire, en injectant des fonds dans la production agricole.

Le gouvernement a renforcé le filet de sécurité sociale « pour aider les personnes qui tombent dans la pauvreté après l’arrêt soudain de leurs activité, en assurant leurs besoins de base. Le budget national prévoit également des fonds supplémentaires pour le secteur de la santé », détaille Uzziel Ndagijimana, selon lequel le chiffre de la croissance du PIB du deuxième trimestre 2020 – durant lequel le Rwanda était confiné – était de -12,4 % . « Nous n’avons jamais connu cela, sauf pendant le génocide », assure-t-il.

Une reprise progressive a été observée dans l’industrie manufacturière et le commerce, qui ont permis de ralentir la chute de croissance au troisième trimestre (à – 3,4 %). « Nous n’avons pas de chiffres pour le dernier trimestre, mais nous nous attendons à une autre amélioration », précise le ministre.

Pour financer ces mesures, Uzziel Ndagijimana a demandé au Parlement d’augmenter le budget de près de 7 % pour le porter à 3,4 milliards de francs rwandais. Après avoir obtenu du FMI un allègement du service de sa dette de 28 millions de dollars en 2020, le gouvernement vise un rebond de la croissance à 5,6 % en 2021.

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