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Cet article est issu du dossier «Décès d’Hamed Bakayoko : la Côte d’Ivoire face à la disparition d’« Hambak »»

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Politique

Hamed Bakayoko « à jamais dans nos cœurs » : l’hommage de la Côte d’Ivoire à son Premier ministre

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Mis à jour le 18 mars 2021 à 11h15
Un portrait d’Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, mercredi 17 mars.

Un portrait d'Hamed Bakayoko, au grand stade d'Abidjan, mercredi 17 mars. © Sia Kambou / AFP

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, mercredi 17 mars, au stade Ebimpé, à Abidjan, pour saluer la mémoire du Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars.

Ismaël Isaac pénètre sur la piste du stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, à Anayama, une commune d’Abidjan, à bord d’un 4×4 Toyota FJ Cruiser orange. Au même moment, dans sa salopette en cuir noir, le chanteur Obam’s fait le show sur la pelouse, accompagné par Emmanuel Adebayor. « Les Chinois [nom donné aux fans de DJ Arafat, décédé le 12 août 2019] sont là ! La jeunesse, je suis avec vous », lance l’ancien footballeur togolais, qui entame un petit tour d’honneur, levant un poster d’Hamed Bakayoko.

Au tour d’Ismaël Isaac de monter sur scène. « Depuis le décès d’Hambak, je pleure. Vous savez, il était gentil », déclare la star du reggae ivoirien, originaire de Treichville, avant d’entonner son titre mythique Magno Mako devant une foule en liesse. Il est 22 heures. La famille d’Hamed Bakayoko s’est déjà retirée, mais l’hommage au Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars en Allemagne d’un cancer, ne fait que commencer. En tout, une cinquante d’artistes se succéderont, de Fally Ipupa à Koffi Olimidé, en passant par Sidiki Diabaté, Alpha Blondy, Yode et Siro, Les Garagistes, Didier Bilé ou encore Bawa Traoré.

« Hambak vivra ! »

Lors de l’hommage national à Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, le 17 mars 2021.

Lors de l’hommage national à Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, le 17 mars 2021. © Sia Kambou / AFP

Avant cela, plusieurs personnalités politiques avaient pris la parole pour évoquer la mémoire du défunt, soutien indéfectible des artistes africains. Le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Adama Bictogo, avait pris soin de chauffer les milliers de personnes venues assister à l’événement. « Pendant ces trente années de politique, on retiendra d’Hamed qu’il a été un trait d’union entre les chapelles politiques, entre les chapelles religieuses, a-t-il insisté. Je voudrais lui exprimer toute notre reconnaissance et lui dire que sa mémoire vivra. Hambak vivra ! »

Présent ce mercredi, tout comme l’ancien ministre devenu opposant Marcel Amon Tanoh, le chef du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu, Pascal Affi N’Guessan, s’est également exprimé. « Hamed Bakayoko transcendait les divergences politiques. Il a été pour beaucoup dans le rapprochement entre le pouvoir et l’opposition. Il faut saluer son esprit d’ouverture car, en politique, on a des divergences mais la fraternité doit perdurer », a de son côté déclaré le révérend Joseph Kojo, représentant de la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, proche de Laurent Gbagbo).

Si le stade olympique n’affichait pas complet, le public, très jeune, semblait acquis à la cause du « golden boy ». Soutien d’Alassane Ouattara, Lamine estime que le Premier ministre représentait ce que l’on attendait des hommes politiques. « Il pouvait nous réunir, faire la vraie réconciliation », dit-il, une casquette vissée sur la tête. « Hambak, à jamais dans nos cœurs », lit-on sur son t-shirt.

Si Bio Gérard se décrit, lui, comme un militant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il a tenu à venir car « Hamed était un homme qui aidait beaucoup la jeunesse ». « Sa mort m’a découragé, confie-t-il. Qui va nous aider maintenant ? » Mohammed, 20 ans, termine d’engloutir le sandwich distribué gratuitement à l’entrée. S’il est d’abord venu pour les artistes, il se dit « touché » par la mort d’Hamed.

Chefs d’États et honneurs militaires

La journée d’hommages au désormais ex-chef du gouvernement avait commencé dans la matinée au palais présidentiel, dans le quartier du Plateau, par une cérémonie sobre et solennelle. Les chefs d’État Nana Akufo-Addo (Ghana), Roch Christian Marc Kaboré (Burkina Faso), Alpha Condé (Guinée) et Umaro Sissoco Embalo (Guinée-Bissau), ainsi que le vice-président de la Guinée équatoriale, étaient présents. Samuel Eto’o, Alpha Blondy, Asalfo et Fally Ipupa également. Quant à l’ancien président Henri Konan Bédié, il s’est fait représenter par son bras droit, Maurice Kacou Guikahué.

Très ému, Alassane Ouattara a décoré « son fils », l’élevant à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national

Visiblement très ému aux côté de son épouse, Dominique Ouattara, Alassane Ouattara a décoré « son fils », l’élevant à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national, la plus haute distinction honorifique en Côte d’Ivoire. Hamed Bakayoko a aussi eu droit à une ultime revue des troupes et aux honneurs militaires en tant qu’ancien ministre de la Défense.

Le ministre de la Jeunesse, Mamadou Touré, et la ministre de la Culture, Raymonde Goudou Coffie, ont pris la parole pour saluer sa mémoire. Et c’est au médiateur de la République, Adama Toungara, qu’est revenue la tâche de lire l’oraison funèbre d’Hamed Bakayoko, qui sera enterré ce jeudi dans son fief de Séguéla, où il venait tout juste d’être réélu député.

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