Politique

Sénégal – Abdou Latif Coulibaly : « Il y a eu des failles dans le maintien de l’ordre »

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Mis à jour le 18 mars 2021 à 10h27
Des manifestants jettent des pierres sur des policiers anti-émeutes lors de manifestations contre l’arrestation du leader de l’opposition et ancien candidat à la présidence Ousmane Sonko à Dakar, Sénégal, vendredi 5 mars 2021.

Des manifestants jettent des pierres sur des policiers anti-émeutes lors de manifestations contre l'arrestation du leader de l'opposition et ancien candidat à la présidence Ousmane Sonko à Dakar, Sénégal, vendredi 5 mars 2021. © Leo Correa/AP/SIPA

Alors que le Sénégal a connu plusieurs jours de troubles meurtriers, le ministre secrétaire général du gouvernement estime qu’il est nécessaire de tenir compte de « l’alerte sérieuse » lancée par les manifestants.

Au Sénégal, le retour au calme sera-t-il pérenne ? Une médiation menée par les dignitaires religieux a convaincu le Mouvement de défense de la démocratie [M2D, union de formations politiques et de la société civile] de surseoir à la mobilisation prévue le 13 mars. Le mouvement a néanmoins adressé une liste de dix revendications au chef de l’État, et se dit déterminé à reprendre la mobilisation si ses demandes n’étaient pas respectées.

Si le Sénégal s’est embrasé à partir de l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, le 3 mars dernier, notamment à Dakar et en Casamance, région d’origine de ce dernier, les revendications de la population dépassent de loin la seule affaire judiciaire qui implique le député, visé par une plainte pour viols et menaces de mort. Chômage massif, absence de perspectives de la jeunesse, manque de transparence dans la gestion des biens publics et des ressources naturelles… La liste des griefs est longue et les mesures d’allègement du couvre-feu annoncées par Macky Sall semblent bien insuffisantes pour apaiser la colère.

Causant onze morts et plusieurs centaines de blessés à travers le pays, accompagnées de scènes de pillages, les manifestations ont braqué les projecteurs sur l’exaspération d’une partie de la population. Et constituent autant « d’alertes » pour le pouvoir, selon le ministre Abdou Latif Coulibaly, secrétaire général du gouvernement.

Jeune Afrique : Lors des récents troubles, des images de forces de sécurité tirant à balles réelles ont été largement diffusées, et les protestataires ont dénoncé la présence de nervis à leurs côtés. Des enquêtes indépendantes seront-elles menées pour faire la lumière sur les circonstances de la mort des manifestants ?

Abdou Latif Coulibaly : Toutes les enquêtes qui doivent être faites le seront. Après les autopsies réalisées par les légistes, il appartient à la justice, la gendarmerie et la police judiciaire de conduire leurs investigations. Il ne s’agit pas d’enquêter sur la police mais sur les meurtres qui ont été commis, notamment dans des circonstances où on peut suspecter que les balles ont été tirées par des éléments des forces de l’ordre.

Des émeutes d’une telle ampleur ne sont-elles pas le signe d’une faille dans le maintien de l’ordre ?

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