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Économie

Afrique numérique : Olugbenga Agboola (Flutterwave), nouveau prince africain de la fintech

Mis à jour le 15 avril 2021 à 11:13

Le Nigérian Olugbenga Agboola, co-fondateur de Flutterwave © Flutterwave

Ce Nigérian de 36 ans bardé de diplômes a fait de sa start-up la troisième licorne du secteur financier africain. Son idée : rendre tous les systèmes de paiements en ligne interopérables.

Au début du mois de mars 2021, la start-up Flutterwave a pris une nouvelle dimension grâce à une levée de fonds de 170 millions de dollars visant à financer son expansion vers l’Afrique du Nord. L’entreprise co-fondée et co-dirigée par les Nigérians Olugbenga Agboola et Iyinoluwa Aboyeji a alors dépassé le milliard de dollars de capitalisation, devenant la troisième « licorne » du secteur financier sur le continent.

Cet apport de capitaux conséquent ne fait en effet que s’ajouter à une longue liste : en 2019 et 2020 déjà, la fintech née à Lagos n’a cessé d’accueillir de nouveaux investisseurs, dont quelques poids lourds du secteur comme Visa et Mastercard. Des géants intéressés par les différents services proposés par Flutterwave, qui concernent tous les paiements dématérialisés, « le pilier du commerce en Afrique », selon Olugbenga Agboola.

Boosté par le Covid

Les deux jeunes informaticiens nigérians proposent une solution technique qui rend interopérables la multitude de services de paiement en ligne existants. Ils ont aussi développé une application unique permettant aux commerçants d’encaisser des paiements sur un simple téléphone mobile, sans devoir se soucier du service qu’utilise le client ou de la compatibilité entre les systèmes des différentes banques. Juste une « infrastructure commune », résume Olugbenga Agboola, qui a tout de même su attirer des clients comme Facebook, Jumia, Uber et Booking, et même séduire Alipay. La filiale de paiement du géant chinois du e-commerce Alibaba est partenaire de Flutterware depuis 2019.

Naturellement, d’autres start-ups africaines proposent des services analogues. Mais Flutterwave a l’avantage d’être une entreprise nigériane, et Lagos est aujourd’hui considérée comme le laboratoire africain de la fintech. Par son dynamisme économique et démographique, le Nigeria est un marché qui justifie à lui seul le développement de solutions de paiement, d’autant que 95 % des transactions s’y règlent encore en espèces et que 60 millions d’adultes n’y sont pas encore bancarisés.

Avec les confinements, les solutions de paiement dématérialisées sont devenues indispensables

Et le contexte lié à la pandémie de Covid-19 a favorisé le développement de la start-up : avec les confinements et la fermeture de nombreux commerces et restaurants, les solutions de paiement dématérialisées n’ont jamais été aussi indispensables et Flutterwave a parfaitement su se positionner.

Un CV impressionnant

Il faut dire qu’Olugbenga Agboola possède à la fois les compétences et le réseau pour cela : à tout juste 36 ans, le jeune patron installé à Washington affiche un CV impressionnant. Passé par les universités d’Albuquerque (Nouveau-Mexique) et de Westminster (Londres), il est aussi diplômé du MIT, où il s’est formé alors qu’il multipliait les expériences professionnelles chez British Telecom, PayPal, Standard Bank, Google, Access Bank, Royal Bank of Scotland…

Aujourd’hui, Flutterwave est présente dans 15 pays, dont le Royaume-Uni et considère le Kenya comme son marché prioritaire. Et le jeune entrepreneur réfléchit déjà à des diversifications dans l’éducation, le jeu en ligne, les voyages… Boulimique, Olugbenga Agboola.