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Bilharzioses : le danger des eaux

Les larves infectantes du parasite appelé bilharzie (ou schistosome) pénètrent à travers la peau d’un homme imprudent qui marche (ou nage) pieds ou jambes nus dans des eaux douces contaminées.
Ces larves envahissent ensuite l’organisme par voie sanguine. Devenus adultes (15 mm de long environ), mâles et femelles emmêlés se localisent auprès de l’intestin ou de la vessie. Les femelles pondent alors des milliers d’ufs chaque jour : certains restent dans l’organisme, d’autres sont évacués par les selles ou les urines et, en l’absence d’installations sanitaires, parviennent dans l’eau des lacs ou des rivières. Là les ufs deviennent des embryons qui ont besoin de pénétrer dans un mollusque vecteur pour devenir des larves infectantes prêtes à parasiter d’autres humains imprudents.

Quels sont les signes de cette parasitose ?
Au stade de pénétration : parfois rien ; parfois rougeur, fièvre et démangeaisons. Au stade d’invasion : fièvre élevée (« fièvre de safari »), fatigue, toux, signes digestifs, signes pulmonaires. Après des mois ou des années au stade adulte : en cas de bilharziose intestinale, le malade souffre de douleurs abdominales ou de diarrhée et émet du sang dans les selles ; en cas de bilharziose urinaire, il a du sang dans les urines et parfois souffre en urinant.
Si le malade n’a pas été traité, des complications apparaissent après cinq à vingt ans :
cirrhose, lésions du rein ou des organes génitaux notamment, mais aussi cancer de la vessie, affections pulmonaires, nerveuses (épilepsie, paralysie), cardiaques, etc.
Le diagnostic doit être fait le plus tôt possible. Au stade de pénétration et d’invasion,
il nécessite des examens de sang (éosinophilie, sérologie). Au stade adulte, on trouve des ufs dans les selles et les urines. On peut aussi faire le diagnostic en explorant par endoscopie le rectum ou la vessie.
Heureusement, nous disposons d’un traitement très efficace par Praziquantel® (Biltricide R) : une seule prise, un seul jour, peut guérir définitivement si on intervient aux premiers stades. Si le traitement est tardif, des lésions viscérales peuvent persister autour des ufs non évacués. Des essais de traitement sont en cours avec l’arthemeter (un médicament utilisé pour traiter le paludisme).

La prévention individuelle consiste à éviter le contact entre l’eau et la peau dans les zones parasitées. La prévention collective nécessite la collaboration entre médecins et ingénieurs avant de construire un barrage ou de créer des irrigations. Ainsi pourrait-on évaluer le risque et mettre en place des mesures préventives : destruction des mollusques vecteurs, installations sanitaires pour les selles et les urines, information des populations. Un vaccin est à l’étude à Lille dans le service du professeur Capron, mais il n’est encore que partiellement protecteur.
Nos possibilités de prévention, de diagnostic et de traitement permettent l’éradication de cette maladie qu’on connaît bien. Et pourtant elle persiste en Afrique avec 200 millions de malades et 200 000 morts par an.

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