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Congo : un prêt validé par le FMI pour sauver les retraites

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Mis à jour le 15 mars 2021 à 15h14
CHU de Brazzaville

CHU de Brazzaville © Baudouin Mouanda pour JA

Un prêt de 200 milliards de F CFA a été accordé par un pool bancaire à la Caisse nationale de sécurité sociale. Quarante-cinq mille retraités vont enfin pouvoir toucher leur pension.

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) vient de signer un prêt syndiqué de 200 milliards de F CFA (305 millions d’euros) avec un pool bancaire pour assurer le règlement des pensions des retraites du secteur privé et parapublic. Un soulagement pour Evariste Ondongo, le directeur général de la CNSS, car depuis 1997 les retraités congolais peinent à toucher leur pension.

La crise pétrolière et la pandémie de Covid-19 ont eu de lourdes conséquences sur les revenus du Congo et plongé le pays dans la récession. Pour la seule année 2020, l’État cumulait des arriérés de cotisation estimés à 49 milliards de F CFA.

Plan d’urgence

Dans le cadre d’un plan d’urgence d’apurement des arriérés de retraite mis en place par l’État, des négociations avaient démarré en début d’année entre le gouvernement du Premier ministre Clément Mouamba et un pool bancaire composé d’Atlantic Financial Group (AFG), Ecobank, Attijariwafa Bank et Orabank.

 

Le montage financier a porté sur la titrisation de la dette sociale de l’État congolais sur la CNSS. Chacun des établissements bancaires a apporté 50 milliards de F CFA. La maturité du prêt est comprise entre cinq et dix ans pour un taux d’intérêts de 5,99 %.

Denis Sassou Nguesso ne pouvait pas se permettre d’aller aux élections sans régler ce problème

AFG qui intervenait sur la transaction a utilisé sa banque d’affaires et deux de ses filiales au Gabon et au Congo pour boucler sa quote-part. Du côté du gouvernement, le dossier était piloté par le ministre des Finances et du Budget Calixte Ganongo, le ministre délégué Ludovic Ngatse, et le vice-Premier ministre chargé de la fonction publique Firmin Ayessa.

« L’opération était supervisée par le président Denis Sassou Nguesso qui ne pouvait pas se permettre d’aller aux élections sans régler les problèmes des retraités », a expliqué une source proche du dossier.

Relancer la croissance

Brazzaville a introduit auprès de la commission bancaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) une demande de pondération nulle des créances titrisées. Le deal a été validé par le Fonds monétaire international (FMI) qui est en discussion avec le gouvernement congolais pour un assainissement des finances publiques et l’apurement des arriérés intérieurs, dans la perspective d’une amélioration de la dette globale en vue de relancer la croissance économique.

Les retraités ont commencé à recevoir leurs pensions dès le début du mois de mars. Prochaine étape pour Brazzaville, la poursuite des négociations pour trouver un accord sur la dette des traders pétroliers Trafigura et Glencore estimée à 1,7 milliard de dollars. Le FMI conditionne le déblocage de toute son aide à une issue favorable des discussions. Le Fonds avait déjà approuvé un programme de prêt de 449 millions de dollars sur trois ans, en 20219, mais n’a pour le moment décaissé que 45 millions en janvier dernier.

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