Économie

Cameroun : Njong Eric Njong, un patron dans le vent

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Par - à Yaoundé
Mis à jour le 2 avril 2021 à 14:05

Njong Erik Njong

Il n’a pas l’envergure d’un Danpullo, d’un Colin Mukete ou d’une Kate Fotso. Et pourtant, Njong Eric Njong est aujourd’hui l’entrepreneur anglophone le plus en vue du Cameroun.

Célestin Tawamba, le patron des patrons, citait déjà il y a trois ans cet homme de 59 ans, qui ne ménage ni sa peine ni son sourire parmi les soixante pionniers de l’économie nationale.

Il l’a même coopté et fait figurer sur sa liste lors de la dernière élection du bureau exécutif du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), en décembre 2020.

Préférence nationale

Au Gicam, Njong Eric Njong a succédé à Franklin Ngoni Njie, le patron de la Cameroon Development Corporation (CDC), premier groupe (public) agro-industriel du pays.

Comme la CDC, sa société, Boh Plantations, fondée il y a douze ans, produit des bananes. Implantée dans le Sud-Ouest (d’où Njong Eric Njong est lui-même originaire), elle demeure le petit poucet d’une filière dominée par PHP (Compagnie fruitière de Marseille), ce dernier la faisant bénéficier de son assistance technique. Contrairement à ce qui était arrivé à la CDC en 2018-2019, la crise sécuritaire n’a pas contraint Boh Plantations, pour le moment, à cesser son activité.

Architecte de formation, il est surtout connu au travers de Buns, son entreprise de BTP

Ses compatriotes connaissent davantage Njong Eric Njong au travers de son entreprise de BTP, Buns, que cet architecte formé à l’université de Lagos a créée en 1993 et qui a fusionné avec le cabinet qu’il avait fondé.

Buns est l’un des rares acteurs locaux, avec Routd’Af, d’André Siaka, encore en mesure de rivaliser avec les multinationales dans ce secteur. Chantre de la « préférence nationale » dans le BTP, l’homme d’affaires n’est pas pour autant hostile à tous les investisseurs étrangers.

Il est par exemple toujours président du conseil d’administration de l’entité née de la fusion entre l’assureur camerounais Zenithe et son équivalent sénégalais Sonam.

Immergé depuis longtemps dans le secteur financier, il préside également le conseil d’administration de l’Union Bank of Cameroon, un établissement qui, après des années de difficultés, voit peut-être enfin le bout du tunnel. Sur décision de la présidence de la République, l’État a en effet promis, en février, de le recapitaliser.