Société

Burkina Faso : Wemba Ligdi, chef coutumier mossi et réconciliateur

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 16 mars 2021 à 10h19
Le Wemba Ligdi, chef traditionnel du quartier de Wemtenga, à Ouagadougou, entouré de sa cour.

Le Wemba Ligdi, chef traditionnel du quartier de Wemtenga, à Ouagadougou, entouré de sa cour. © Sophie Garcia pour JA

Ancien chef cuisinier du palais de Kosyam, Jean-Pierre Ligdi Kaboré est désormais chef coutumier, à plein temps, du quartier ouagalais de Wemtenga, celui qui résout tous les conflits, qu’ils soient personnels, intra- ou intercommunautaires. À l’heure où le Faso se lance dans un processus de réconciliation nationale, rencontre avec le médiateur du Mogho Naaba, le roi des Mossis de Ouagadougou.

Jean-Pierre Ligdi Kaboré, dit Wemba Ligdi, est le chef coutumier du quartier populaire de Wemtenga, à Ouagadougou. Le portail de son domicile est toujours ouvert. Dès l’entrée, à gauche, deux statuettes annoncent la couleur. L’une est à l’effigie de Wemba Poko, première représentante de l’institution du Wemba (Médiateur) lorsque celle-ci fut mise en place sous le Mogho Naaba Oubri, qui a régné entre 1182 et 1244.

L’autre représente un homme à dos d’âne tenant un tissu blanc. C’est ainsi que les ancêtres de Jean-Pierre Ligdi Kaboré se déplaçaient de village en village pour ramener la paix. La légende veut que lorsqu’il est envoyé pour résoudre un conflit, personne n’a le droit de refuser le pardon du Wemba.

Un peu plus loin dans la cour se trouve un imposant trône, puis un hangar de forme circulaire, orné de peintures et agrémenté de meubles en bois. C’est là que le Wemba Ligdi reçoit sa cour et ses visiteurs, sourire aux lèvres et bonnet de chef sur la tête.

De Maurice Yaméogo à Blaise Compaoré

Né en 1945 à Ouagadougou de la lignée des Wemba, Jean-Pierre Ligdi Kaboré a un destin singulier. Il travaille en tant que palefrenier à la présidence lorsque la Haute-Volta accède à l’indépendance. À l’époque, le chef cuisinier du palais lui demande un coup de main de temps en temps. C’est là qu’il découvre l’univers des fourneaux… qu’il ne quittera plus jusqu’à la retraite. Et même bien après. « J’ai eu la chance de suivre quelques formations à l’hôtel Indépendance et à l’hôtel Silmandé. J’ai été cuisinier à la présidence de 1962 jusqu’à 2006. Je devais prendre ma retraite en 1999, mais j’ai été réquisitionné pour continuer », se souvient-il.

Cet article est réservé aux abonnés

Déjà abonné ?

Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital
Accès à tout le site web - 2 applis - 1 édition digitale - 2 newsletters

puis 7,99€/mois, sans engagement

payez une fois par an
et profitez à chaque fois de 2 mois offerts !

1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital !

  • + votre numéro spécial Jeune Afrique en version numérique
  • + d'analyses
  • + d'informations exclusives
  • + de débats
  • + d'historique (2 ans d'archives)
  • + d'avant-première (accès 24h avant la publication)
  • + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters)

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA309_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte