Politique

Sénégal : Ousmane Sonko remis en liberté sous contrôle judiciaire

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Mis à jour le 08 mars 2021 à 15h03
Le député Ousmane Sonko au milieu de ses partisans, le 3 mars 2021, avant d’être arrêté pour « trouble à l’ordre public ».

Le député Ousmane Sonko au milieu de ses partisans, le 3 mars 2021, avant d'être arrêté pour "trouble à l'ordre public". © Seyllou/AFP

L’opposant sénégalais a été libéré ce lundi 8 mars dans la matinée par le doyen des juges. Ousmane Sonko, placé sous contrôle judiciaire, devra cependant respecter certaines obligations.

Arrêté le mercredi 3 mars alors qu’il était en route pour répondre à une convocation au palais de justice de Dakar dans le cadre de l’enquête ouverte suite à une plainte pour viol déposée contre lui, Ousmane Sonko « rentre chez lui », a indiqué l’un de ses avocats à Jeune Afrique, ce lundi 8 mars. Conduit au tribunal tôt dans la matinée, l’opposant comparaissait devant Samba Sall, le doyen des juges, qui l’a inculpé, a cependant décidé de sa libération et de son placement sous contrôle judiciaire, « assorti de certaines conditions ».

Une liberté sous conditions

Ousmane Sonko se voit dans l’obligation de remettre son passeport aux autorités, et devra demander l’autorisation du juge s’il souhaite voyager. Le leader du Pastef devra également se présenter chaque dernier vendredi du mois devant le juge, indique son avocat Joseph Etienne Ndione. Il devra également se mettre à disposition des enquêteurs, au cas où le juge saisirait la police ou la gendarmerie dans le cadre de l’enquête qui vise l’opposant, précise l’avocat.

Par ailleurs, « s’il est libre de continuer à s’exprimer en tant qu’opposant politique », Ousmane Sonko a l’interdiction d’évoquer devant la presse ou en public le dossier de viol dans lequel il est mis en cause.

Un « geste d’apaisement » ?

Alors que Dakar et plusieurs villes du pays sont le théâtre de violents affrontements depuis l’arrestation de l’opposant, le Mouvement de défense de la démocratie (M2D), qui regroupe des partis politiques de l’opposition et des mouvements de la société civile, avait appelé à trois jours de manifestations sur l’ensemble du territoire à partir de ce lundi. Au moins huit personnes ont été tuées depuis le début des émeutes.

« On a déjà senti une forme d’apaisement aux alentours du tribunal, où les gens jubilent actuellement. Si Ousmane Sonko avait été placé sous mandat de dépôt, nul doute que les affrontements auraient repris de plus belle, estime Mr Joseph Etienne Ndione. Les autorités judiciaires, voire peut être étatiques, ont fait une bonne lecture de la situation et opté pour l’apaisement. » Plusieurs figures de la contestation, arrêtées avant ou en marge des manifestations, sont cependant toujours incarcérées.

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