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RDC – Bosco Ntaganda : la CPI ordonne des réparations pour les victimes de « Terminator »

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Mis à jour le 9 mars 2021 à 09:14

L’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda entre dans la salle d’audience de la Cour pénale internationale (CPI) lors de son procès à La Haye aux Pays-Bas, le lundi 8 juillet 2019. © Eva Plevier/AP/SIPA

La Cour pénale internationale (CPI) a fixé lundi à 30 millions de dollars (25 millions d’euros) le montant des réparations aux victimes de Bosco Ntaganda, condamné en 2019 à 30 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

« À la lumière des circonstances de cette affaire, en gardant à l’esprit les droits de la personne condamnée et en adoptant une approche conservatrice, la Chambre a fixé à 30 000 000 USD (environ 25 millions d’euros) le montant total des réparations dont Bosco Ntaganda est responsable« , a déclaré lundi dans un communiqué la Cour pénale internationale (CPI).

Bosco Ntaganda ne disposant pas des ressources suffisantes pour s’acquitter de ces réparations, les juges ont demandé au Fonds de la CPI au profit des victimes de « compléter le montant des réparations accordées » et de « s’engager à des efforts de collecte de fonds supplémentaire si nécessaire ».

Vers un appel

« Les victimes éligibles pour ces réparations comprennent: les victimes directes et indirectes des attaques, les victimes de crimes contre les enfants soldats, de viol et d’esclavage sexuel », a précisé la Cour. « La Chambre a noté que la priorité devra être donnée aux personnes nécessitant des soins médicaux et psychologiques immédiats, aux victimes handicapées et aux personnes âgées, aux victimes de violence sexuelle ou à caractère sexiste, aux victimes sans abri ou en difficulté financière, ainsi qu’aux enfants nés du viol et de l’esclavage sexuel et aux anciens enfants soldats ».

Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator », a été condamné à 30 ans de prison ferme en novembre 2019. Il s’agit de la peine la plus lourde jamais prononcée par la CPI. Bosco Ntaganda avait été reconnu coupable en juillet 2019 de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, dont des crimes sexuels, massacres, persécutions et transfert forcé de la population civile en République démocratique du Congo au début des années 2000. Il avait annoncé son intention de faire appel.