Mines

Retour du « souverainisme » africain dans les ressources naturelles ?

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Mis à jour le 26 mars 2021 à 15h19
La mine de cuivre Frontier à Sakania, à la frontière avec la Zambie, à l’extrême sud-est de la province minière du Katanga, en RDC, propriété de la multinationale d’origine kazakhe basée au Luxembourg ERG.

La mine de cuivre Frontier à Sakania, à la frontière avec la Zambie, à l'extrême sud-est de la province minière du Katanga, en RDC, propriété de la multinationale d'origine kazakhe basée au Luxembourg ERG. © La mine de cuivre Frontier à Sakania, à la frontière avec la Zambie, à l'extrême sud-est de la province minière du Katanga, en République démocratique du Congo, propriété de la multinationale d'origine kazakhe basée au Luxembourg ERG (Eurasian Ressources Group), le 3 mars 2015. - The Frontier copper mine in Sakania, on the border with Zambia, in the extreme southeast of the mining province of Katanga, in the Democratic Republic of Congo, property of the Luxembourg-based Kazakh-founded company ERG (Eurasian Resources Group), on March 3rd, 2015. © Gwenn DUBOURTHOUMIEU pour JA

Le cabinet Verisk Maplecroft alerte contre la résurgence de ce risque dans les mines et les hydrocarbures en Afrique. Quatre pays sont particulièrement épinglés.

Dans les secteurs extractifs régulés par les États – mines et hydrocarbures en premier lieu –, l’année 2020 a vu une nette résurgence en Afrique de ce que les investisseurs internationaux appellent dans leur jargon « nationalisme des ressources naturelles », risque auquel ils sont particulièrement sensibles.

C’est le diagnostic posé par le cabinet britannique Verisk Maplecroft, qui fait le point chaque année sur les interventions des autorités locales, plus ou moins abruptes, à l’aune des intérêts des groupes miniers et pétroliers, attribuant un score à chaque pays sur le sujet. Il a transmis en exclusivité à Jeune Afrique la partie africaine de ce classement, publié le 5 mars.

Quatre pays africains figurent parmi les dix plus mauvais élèves de la planète épinglés par le cabinet pour leur « souverainisme » rendant la poursuite des activités extractives des investisseurs étrangers incertaine et moins fructueuse : la Tanzanie (au 2e rang mondial), la Zambie (4e), le Zimbabwe (5e) et la RDC (9e).

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Verisk Maplecroft estime que Dar es-Salam, habitué aux conflits avec les compagnies aurifères, a brutalement mis en place des politiques fiscales minières quasi confiscatoires pour tenter de combler son déficit budgétaire.

Concernant le Zimbabwe, alors qu’il pensait le pays sur une voie moins hostile aux investissements miniers étrangers dans l’or et le diamant après le décès de Robert Mugabe, le cabinet britannique estime que la donne n’a finalement pas vraiment changé sous l’administration Mnangagwa.

Forte dégradation

Quant à la Zambie, la tentative de liquidation des mines de cuivre de Konkola et les conflits répétés avec Glencore au sujet de la mine de Mopani font entrer le pays dans le top 10 des pays les plus risqués en 2021.

Enfin en RDC, Verisk Maplecroft se dit pessimiste sur la capacité du nouveau Premier ministre Sama Lukonde Kyenge, auparavant directeur général de la Gécamines, à assouplir la rhétorique souverainiste en vogue à Kinshasa.

À l’échelle mondiale, Verisk Maplecroft constate que les scores de 34 pays à son indice du « nationalisme des ressources naturelles » se sont fortement dégradés, en particulier dans six pays africains – Zimbabwe, Liberia, Madagascar, Ghana, Mauritanie et Mali – ainsi que dans sept États américains.

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